Le jeune « arrogant » traîne la police au tribunal

Guillaume Frouin

— 

Colas, ce lundi, devant le tribunal.
Colas, ce lundi, devant le tribunal. — F. Elsner / 20 Minutes

Un acte « isolé », mais « inacceptable ». Le parquet a réclamé lundi une amende de 800 € (dont 300 avec sursis) contre deux policiers nantais, jugés pour avoir giflé un lycéen de 17 ans lors d'une intervention nocturne en mai 2011. De retour d'un petit « apéro Facebook » dans les bois de l'île de Nantes, Colas traînait une poubelle avec des amis, dans laquelle était entré l'un d'entre eux. Aucun n'était « dans un état d'alcoolisation massive », précise la procureure.

Des violences « sans fondement »
Reste qu'au moment de l'interpellation, Colas était « arrogant », selon les policiers. « J'ai eu ce geste maladroit, pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas affaire à un copain, mais à la police », concède l'un d'eux. « Ce n'était pas juste une gifle symbolique, mais un vrai coup au visage », affirme le lycéen, légèrement blessé à la lèvre mais « choqué ». « Ce n'est pas normal : les policiers sont censés nous protéger, pas nous taper dessus. » « C'est la grandeur de leur fonction de répondre à l'arrogance par le respect des procédures », abonde aussi la procureure. Pour ces « violences arbitraires, gratuites et sans fondement », l'avocate de Colas réclame donc 1500 € de dommages et intérêts. Loïc Bourgeois, qui représente la Ligue des droits de l'Homme, qui s'est constituée partie civile, demande lui un euro symbolique. « Ma satisfaction, c'est que l'institution judiciaire fonctionne : elle contrôle bien le pouvoir policier, qui n'est pas au-dessus des lois », positive-t-il. Jugement le 25 juin.

Conséquences

Les deux policiers, jusque-là bien notés par leur hiérarchie, sont également sous le coup de sanctions disciplinaires. Depuis, l'un d'eux a obtenu d'être muté dans un bureau, et le second a demandé à être affecté dans un service de jour.