De la fédération PS à la place Royale, une immense explosion de joie

— 

Des centaines de personnes se sont réunies dimanche soir place Royale pour fêter la victoire de François Hollande.
Des centaines de personnes se sont réunies dimanche soir place Royale pour fêter la victoire de François Hollande. — F. Elsner / 20 Minutes

18 h 30, ce dimanche, au siège du Parti socialiste, cours des Cinquante-Otages : le plus dur, pour les militants, c'est de contenir leur joie. Devant l'entrée, pas de matériel de campagne, pas d'exaltation suspecte. Mais des sourires, partout. A l'intérieur, on distribue des drapeaux et des tee-shirts. Les élus sont déjà en interview. Réactions avant l'heure. Derrière eux, des chants : « On a gagné ! »
20 h, le visage de François Hollande s'affiche. La salle exulte, s'embrasse, crie à la victoire. « Hollande président ! » La Marseillaise retentit. Au fond de la salle, Yvonne s'est assise. Elle a 93 ans : « J'ai douté jusqu'à la fin. Je suis vraiment soulagée. » Lamana aussi. Elle a 34 ans. Elle pleure : « Enfin ! Y'a eu trop de dégâts avec Sarkozy… »
A l'extérieur du QG socialiste, s'entonne un concert de klaxons. Le tram est salué par une haie d'honneur de drapeaux et de cris enthousiastes. La foule se densifie. Les agents de la Tan sont sur les nerfs. La Place du Cirque n'a plus rien d'un rond point. Voitures et motos s'y sont posées. Un camion podium envahi de jeunes socialistes également. « La Marseillaise » sonne, puis « La Lutte finale ». Le champagne se débouche. La bière aussi. Jérôme, militant socialiste, observe. Il se souvient d'avril 2002 : « J'étais dans la rue aussi. En colère. Ce soir, je suis heureux! »
Direction place Royale. Surplombant la fontaine, la statue y porte déjà un drapeau tout à la gloire du nouveau président. Un panneau hostile à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, aussi. Les camions-podiums s'installent. Les olas sont déjà lancées. La « Marseillaise », encore. Un jeune homme danse au balcon. D'autres se congratulent, chantent : « Au revoir, président ! » Le discours du nouveau locataire de l'Elysée est écouté dans un silence quasi-religieux. Un concert de rock suit. Les drapeaux verts et communistes colorent désormais le tableau. Feux de joie, fontaine escaladée… « Elle est belle, la place Royale, hurle le chanteur, ça faisait longtemps ».Antoine Gazeau