Les paysans ne lâchent rien

Frédéric Brenon

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Les agriculteurs ont paralysé une partie  du centre-ville jeudi après-midi.
Les agriculteurs ont paralysé une partie du centre-ville jeudi après-midi. — F. Elsner / 20 Minutes

Une démonstration de force. Comme ils l'avaient déjà fait le 24 mars, près de 200 tracteurs d'agriculteurs se sont rassemblés jeudi place de la Petite-Hollande à Nantes, bloquant la circulation du centre-ville une partie de l'après-midi. L'objectif était de soutenir les six grévistes de la faim opposés à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et de défendre leur revendication : suspendre les expropriations sur le site le temps que tous les recours juridiques soient étudiés.

Hollande envoie un signe
« Je suis impressionné de voir tous ces paysans mobilisés pour défendre leur terre, déclare Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne. Bétonner toujours plus n'est pas le progrès. Il est temps d'arrêter ces projets qui ne satisfont que l'ego d'élus locaux. » Michel Tarin, 64 ans, gréviste de la faim depuis vingt-quatre jours, a été ovationné par la foule paysanne. « Je tiendrai le coup, a-t-il promis. Il faut que notre lutte s'étende. Cette société va droit dans le mur. » Les militants ont aussi accueilli avec espoir les déclarations de François Hollande le matin sur France Inter. Le candidat socialiste a affirmé que le nouvel aéroport était un projet « nécessaire » qu'il approuvait, mais, qu'en cas d'élection, il attendrait « que les recours soient levés pour engager les travaux » d'infrastructure. « C'est une ouverture », se félicite Philippe Collin. « Ce sont des propos d'apaisement, analyse Jacques Auxiette, président du conseil régional. Nous souhaitons que cette grève de la faim cesse, que l'intégrité physique de ces gens ne soit pas en danger. »