Le malaise perdure à Saint-Jacques

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Le 11 mai dernier, un patient en blessait gravement un autre à coup d'extincteur au service psychiatrie de l'hôpital Saint-Jacques. L'auteur des faits était auparavant hospitalisé à l'unité pour malades difficiles de Cadillac en Gironde, où il vient d'être de nouveau transféré. La victime, elle, se trouve toujours dans un état très précaire.

Précaire, c'est aussi la situation du personnel infirmier de l'hôpital, pour lequel les conditions de travail ne s'améliorent pas : problèmes de planning, augmentation des arrêts de travail, valse des patients, manque de formation des jeunes soignants et des malades qui communiquent de plus en plus par le biais d'insultes. « Depuis un mois, il n'y a rien eu de fait. Ça prend trop de temps », s'exaspère Catherine Olivier, secrétaire CFDT au CHU de Nantes. « Nous travaillons sur le contenu de la formation des jeunes infirmiers prévue dans le cadre du plan santé mentale, se défend Sylvie Gautier, directrice de l'hôpital Saint-Jacques. Sa mise en oeuvre est prévue pour la fin de l'année. » Sur les problèmes de violence, « un certain nombre de mesures complémentaires vont être prises pour renforcer la sécurité », ajoute la directrice.

D'autre part, une réflexion est engagée sur la question des 58 patients dits « inadéquats », au comportement trop lourd à gérer, qui occupent des lits faute de place dans des structures de vie mieux adaptées. « Ces personnes encombrent les services parfois pendant plusieurs années », souligne Stéphane Bonnet, infirmier, qui déplore un « taux d'occupation des lits de 105 % ». Une proposition de relogement de ces patients difficiles doit être faite dans le mois qui vient, pour une réalisation début 2007. Quand aux travaux de réhabilitation du site, ils ont pris du retard et ne devraient être terminés qu'à l'horizon 2010.

Johann Pailloux