Les élus verts déçus par leur présidentielle

Frédéric Brenon

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La candidate écologiste Eva Joly, mercredi soir en meeting à La Carrière de Saint-Herblain.
La candidate écologiste Eva Joly, mercredi soir en meeting à La Carrière de Saint-Herblain. — F. Elsner / 20 Minutes

Eva Joly, candidate d'Europe écologie-Les Verts à l'élection présidentielle, a réuni ce mercredi soir un millier de personnes pour un meeting à La Carrière à Saint-Herblain. Tous présents pour ce « moment fort » dans l'un des départements qui comptent le plus d'adhérents et de représentants écologistes, les élus Verts de Loire-Atlantique s'avouent unanimement « déçus » par le déroulement de la campagne et les intentions de vote. « Cette élection ne nous a jamais été favorable et on n'a pas réussi à se faire entendre sur ces questions de crise sociale qui préoccupent les Français. Il y a sûrement eu des erreurs de faites », estime François de Rugy, député. « Face à la crise, beaucoup considèrent que l'écologie c'est pour le long terme. Mais l'écologie ce n'est pas pour plus tard : le logement, l'énergie, la consommation, ce sont des urgences sur lesquelles nous n'avons pas été assez pédagogiques », regrette Jean-Philippe Magnen, vice-président du conseil régional.

Le charisme d'Eva Joly
L'eurodéputé Ronan Dantec, déplore, lui, la logique du vote utile. « On a un électorat calculateur, encore traumatisé par 2002. L'écologie fait toujours partie de ses préoccupations mais, pour beaucoup, la priorité c'est de tuer le match dès le premier tour en votant Hollande. C'est une erreur tactique car si on veut une gauche forte et rassemblée, il faut un bon score d'Eva Joly. »
« Il n'y a pas de vote inutile, surtout que le risque d'un 21 avril n'est pas aussi prononcé qu'en 2002, considère Pascale Chiron, vice-présidente de Nantes métropole. Le problème c'est que les Français font encore de la présidentielle une élection axée sur le candidat, où la personnalité, la petite phrase, prend le pas sur le programme. Et il y a peut-être une erreur de casting sur le charisme de notre candidate. Je pensais qu'elle aurait eu plus d'aura. On est peut-être aussi un parti trop jeune pour s'imposer sur le territoire national. On nous juge pourtant crédibles au niveau local. »