Pierre, qui avait 17 ans en 2007, va poursuivre la police devant le tribunal administratif.
Pierre, qui avait 17 ans en 2007, va poursuivre la police devant le tribunal administratif. — F. Elsner / 20 Minutes

Nantes

Un tir de Flash-Ball sans coupable

Justice Le tribunal correctionnel a relaxé mardi le policier qui avait blessé un manifestant à l'œil

C'est la fin d'un long feuilleton, mais aussi le début d'un autre. Plus de quatre ans après les faits, le policier poursuivi pour « violences volontaires » pour avoir blessé un manifestant de 17 ans avec un « super Flash-ball » a été relaxé, mardi, par le tribunal correctionnel de Nantes. Le juge a reconnu que son tir était bien à l'origine de la blessure de Pierre – ce que le prévenu contestait –, mais qu'il était aussi pénalement irresponsable. Le policier a en effet obéi à un ordre de son chef, qui n'était « manifestement pas illégal ». Le tribunal a donc invité Pierre, qui a perdu l'usage de son œil droit, à aller devant le tribunal administratif pour être indemnisé : sa blessure est survenue dans le cadre d'une opération publique de maintien de l'ordre.

La victime « révoltée »
En réalité, un recours devant la justice administrative a déjà été déposé en fin d'année dernière. « Ce sera beaucoup mieux : on va pouvoir mettre en cause la responsabilité de toute la chaîne de commandement, y compris celle du préfet, alors qu'au pénal, on ne pouvait parler que de celle du tireur », estime Luc Douillard, le père de la victime, qui envisage aussi un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme. La reconnaissance de la responsabilité de la police dans la blessure n'est, selon son fils, « que de la rhétorique ». « Pourquoi alors ne pas avoir fait venir Claude Guéant et toute la hiérarchie du policier ? Nous, on ne demande que ça ! », lâche Pierre.

Un incident pas isolé en France

Selon les proches de la victime, il s'agissait du « premier procès en France d'une mutilation au flash-ball ». En mars 2009, un étudiant avait déjà été grièvement blessé à l'œil par un tir de Flash-ball lors d'une manifestation à Toulouse (Haute-Garonne). Un accident similaire avait eu lieu quatre mois plus tard à Montreuil (Seine-Saint-Denis).