Flou persistant au procès du Flash-Ball

Guillaume Frouin

— 

Pierre, 17 ans lors des faits, a perdu l'usage de son œil droit.
Pierre, 17 ans lors des faits, a perdu l'usage de son œil droit. — F. Elsner / 20 Minutes

Yaurait-il erreur sur la personne ? Le policier jugé pour avoir blessé au « lanceur de balles de défense » (LBD) un lycéen de 17 ans, lors d'une manifestation au rectorat en novembre 2007, en est convaincu. Hier, devant le tribunal correctionnel de Nantes, il a ainsi confirmé avoir touché un manifestant… mais pas le plaignant. L'homme en a la « certitude », après avoir visionné un film amateur diffusé dans la salle d'audience.
Problème : le lycéen a également la « certitude » d'avoir été touché par le prévenu. « C'était un agent cagoulé, qui avait une arme jaune », se rappelle Pierre, qui a perdu l'usage de son œil droit depuis les faits. L'un des deux autres blessés de la manif, appelé à témoigner, colle ainsi avec la description faite par le policier. Mais sa blessure au crâne « ne correspond pas à un tir de Flash-Ball », selon un expert. Et lui-même ignore quel projectile l'a touché.

L'ordre lancé par son chef
La « légitime défense » du prévenu - qui a tiré sur ordre de son supérieur - est également au cœur des débats : c'est la condition sine qua non de l'usage du lanceur de balles de défense. « Mon officier m'a désigné un individu, qui jetait des pierres », affirme le policier. « Je l'ai vu jeter une première pierre, puis se baisser pour en ramasser une autre. » « On était dans une optique pacifiste, avec des jonglages et tout cela », rétorque le manifestant qu'il croit avoir touché. « Il y a eu un mouvement des forces de l'ordre, qui a provoqué un certain affolement. » Le procès doit se terminer ce soir.

Précautions d'usage

Le « lanceur de balles de défense », dont seuls trois exemplaires étaient expérimentés à Nantes en 2007, a une portée plus longue qu'un simple Flash-Ball. Parmi ses précautions d'usage, il ne doit « pas être utilisé à moins de dix mètres, sur les personnes fragiles, au-dessus des épaules ou dans les parties génitales », selon le policier.