Le proprio acceptait les loyers en liquide... et en whisky

©2006 20 minutes

— 

La montagne accouche d'une souris. Quinze prévenus, dont treize Roumains, étaient jugés hier à Nantes, conséquence d'une importante descente du GIR (Groupe d'intervention régional) en octobre 2002. Pas moins de 105 personnes avaient été interpellées, et vingt-trois logements perquisitionnés. Les gendarmes étaient alors à l'affût, après une recrudescence des cambriolages commis dans les maisons et commerces de la région nantaise « par des Roumains ». « On nous avait présenté à l'époque le démantèlement d'une bande à caractère mafieux, ironise Yann Choucq, l'un des avocats de la défense. Il serait intéressant de savoir ce qu'il en est aujourd'hui.»

En effet, les quinze prévenus, soupçonnés dans un premier temps d'« association de malfaiteurs », étaient finalement jugés hier pour un simple « recel de bien provenant d'un vol ». L'histoire est en fait celle d'un propriétaire peu scrupuleux. Commerçant nantais à la retraite, ce septuagénaire louait ses dix-sept appartements à des Roumains « en situation précaire», tous issus du même village. Ils payaient en billets ou en pièces. Ceux qui ne pouvaient pas s'acquitter du loyer offraient des « cadeaux » au propriétaire : des bouteilles de champagne ou de whisky. Toutes volées. Surnommé « papa » par ses locataires, le retraité y voit là « un signe de respect et de gentillesse». « Avec une agence immobilière, ils auraient dû fournir trois bulletins de salaires et des justificatifs de domicile », explique-t-il.

Guillaume Frouin

La moitié des prévenus étaient absents à l'audience, hier. Depuis les faits, ils ont en effet été expulsés en Roumanie. « Je suis dans l'impossibilité de poser des questions aux co-prévenus de mon client, a fait valoir Yann Choucq, l'avocat du propriétaire. Cette procédure est contraire à la Convention européenne des droits de l'homme. » Il a finalement renoncé à un renvoi.