Bars homos, la pénurie nantaise

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Pas de quoi être fier. Alors que la Marche des Fiertés envahira les rues samedi, la ville de Nantes compte à peine plus de bars gays et lesbiens que Rennes ou Caen, pourtant deux à trois fois plus petites. D'après le mensuel Têtu, on dénombre cinq bars spécifiquement homos dans la cité des Ducs, sur les 730 existants. Exception faite des bars dits « gay friendly », qui accueillent volontiers les homos sans pour autant afficher une appartenance à leur milieu. Cinq bars, soit un seul de plus qu'à Rennes. Et deux discothèques, autant que dans la préfecture d'Ille-et-Vilaine. Pourtant, les chiffres nationaux estiment à 10 % la part d'homosexuels dans la population.

Les gays ne sortiraient donc plus ? « Les jeunes générations sont moins sensibles à ces lieux, analyse Eddy, étudiant de 24 ans. A mon sens, ils ne sont plus des passages obligés pour un homo qui souhaiterait sortir de son isolement. » Des passages obligés, peut-être pas, mais « on a parfois besoin de se retrouver entre nous, note Stéphane, le patron du 203. Ici, pour une fois, c'est aux hétéros de s'adapter à notre style. »

Mathilde et Chloé sont de cet avis. Les bars hétéros, elles ne veulent plus en entendre parler. « On y a été insultées, parce qu'on s'était embrassées », raconte Chloé. Depuis, avec leur petite bande, elles ne sortent plus que dans les bars homos. « C'est la galère. Les bistrots sont bondés et il n'y a pas de choix. Encore moins pour les filles. » Les lieux existants sont en effet principalement masculins. Les lesbiennes, qui sont aussi nombreuses que les gays, n'ont aucun bar où se retrouver.

Guillaume Lecaplain

La rue Kervegan est gay de longue date. Mais trois bars y ont fermé en dix ans. Aujourd'hui, elle n'en compte plus que deux : le One Street et le Petit Marais. On y trouve aussi 2 crêperies homos.