Un « joujou d'essais » géant

Guillaume Frouin
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La dernière pale de l'Haliade 150 sera montée le 19 mars sur son mât.
La dernière pale de l'Haliade 150 sera montée le 19 mars sur son mât. — L. Failler / 20 Minutes

Elle tire son nom des nymphes de mer de la mythologie grecque. L'Haliade 150, la plus puissante et la plus haute éolienne au monde, sort actuellement de terre au Carnet, en bords de Loire. Un site bien terrestre pour la première « éolienne en mer » franco-française : haute comme une demi-tour Eiffel, elle va en effet servir de « joujou d'essais » aux ingénieurs d'Alstom. Ces derniers espèrent décrocher au moins trois des cinq premiers champs éoliens retenus par le gouvernement au large des côtes françaises.

Elle ne pourra rester que cinq ans
L'appel d'offres, qui sera attribué l'an prochain, porte sur un total de 500 à 600 éoliennes. Associé à EDF, Alstom est en concurrence avec Areva, qui équipe les deux autres consortiums, menés par GDF-Suez et l'espagnol Iberdrola. « Si on décroche moins de trois parcs éoliens, alors on devra revoir notre plan industriel », prévient Frédéric Hendrick, vice-président en charge des éoliennes off-shore chez Alstom. Un plan qui prévoit la construction de quatre usines, dont deux à Saint-Nazaire (pour les générateurs et les nacelles), et la création de « 7 500 emplois » au total.
En attendant, l'éolienne du Carnet ne va pas brasser du vent. Ses pales, qui vont tourner pour la première fois fin mars, devraient alimenter en électricité près de 8 000 riverains. Mais son implantation n'est que temporaire : en raison d'un imbroglio juridique, elle ne pourra rester au Carnet que cinq ans. Après quoi, elle sera replantée en mer.

STX pourrait profiter du marché
De leur côté, les chantiers navals de Saint-Nazaire surveillent avec attention ce nouveau marché. STX planche en effet sur un prototype de navire spécial, pour pouvoir transporter et implanter en mer les différents morceaux des éoliennes off-shore. La seule nacelle, comme celle de l'Haliade 150, pèse en effet plus de 400 tonnes.

Centrale nucléaire

Situé en bords du fleuve, non loin de Paimbœuf, le site du Carnet avait été retenu à la fin des années 1970 pour accueillir une centrale nucléaire. Ce projet controversé a été combattu pendant vingt ans par les écologistes, avec succès.