Karine et Elodie : « On va liquider tous les recours »

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Interview de Karine et Elodie. Ce couple homosexuel de la région nantaise, qui réclame un congé paternité après la naissance de son fils

Vous avez été déboutées en mars par le tribunal des affaires de la Sécurité sociale (Tass). Comment envisagez-vous la suite de votre combat ?

Elodie : Après consultation de notre avocat, nous avons décidé de continuer. Nous avons envoyé vendredi un dossier à la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Et on ira défendre notre cas devant la cour d'appel de Rennes.

Quels sont vos arguments ?

Elodie : La Caf nous considère comme un « foyer », pas la Caisse primaire d'assurance-maladie. Si la Halde reconnaît cette discrimination, il sera difficile pour une chambre d'appel de refuser notre requête.

Avez-vous hésité à poursuivre ce bras de fer judiciaire ?

Karine : Oui. La décision du Tass nous a paru juridiquement inattaquable. Et puis tout cela a un coût. Mais notre démarche a suscité beaucoup de discussions, qui contribuent à faire évoluer les mentalités. Du coup, même si nous perdons en appel, tout cela n'aura pas servi à rien. On va liquider tous les recours possibles et aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme.

Espérez-vous toujours faire changer la loi ?

Karine : Oui, on continue à travailler les politiques. A ce sujet, on a reçu les soutiens de la députée Marie-Françoise Clergeau (PS), de Noël Mamère (Verts), de Jack Lang (PS) et du vice-président du Parlement européen, Gérard Onesta (Verts). Mais nous savons bien qu'il ne se passera rien avant 2007.

Recueilli par Guillaume Frouin

Karine et Elodie ont annoncé qu'elles prendraient part samedi à la Marche des fiertés dans les rues de Nantes avec Basile (2 ans) et Lucie (3 mois). Les enfants sont nés d'une insémination avec un donneur anonyme.