Nouvelle page d'histoire aux archives

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Le document, historique, fait désormais partie du patrimoine public. Un vaste plan de sabotage du réseau téléphonique nantais, élaboré sous l'Occupation, a été remis vendredi aux Archives départementales. Il avait été mis au point par un syndicaliste CGT et élu socialiste, Marcel Hatet, convaincu que le débarquement américain se ferait par la côte atlantique. Mais le plan ne sera jamais mis à exécution. Les Alliés débarquèrent en Normandie, et Marcel Hatet est arrêté le 5 août 1943. Il meurt quelques heures plus tard sous la torture. Sa mort et son cadavre resteront longtemps cachés par les Allemands, avant qu'il ne soit finalement retrouvé au cimetière de la Gaudinière, en janvier 1945. Le plan sera miraculeusement sauvé. Bien caché dans la cave, les Allemands ne l'ont pas trouvé en août 1943, lors de la perquisition au domicile du résistant, quai de la Fosse. Puis le document sort intact du bombardement américain du 23 septembre 1943, qui torpille pourtant l'appartement.

« Le principe était de faire sauter les noeuds stratégiques pour que les Allemands ne puissent plus communiquer, en cas de débarquement sur la côte », explique Michel Tacet, secrétaire du centre d'histoire sociale CGT. Sur un plan de Nantes, Marcel Hatet avait représenté, par des ronds rouges, les principaux points sensibles. « Ils n'étaient pas tous stratégiques, mais il les avait tous fait figurer », relève Robert Guiraud, président du CHS-CGT.

Johann Pailloux

« L'un des plus ardents apôtres de la Résistance ». C'est ce qu'on pouvait lire dans le journal La Résistance de l'Ouest, le 18 janvier 1945, qui rendait hommage à Marcel Hatet.