Le Port s'appuie sur du vent

Guillaume Frouin

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Manifestation contre le projet de centrale nucléaire au Carnet en 1997.
Manifestation contre le projet de centrale nucléaire au Carnet en 1997. — Reuters

Le Carnet, où un projet de centrale nucléaire a été combattu par les écologistes jusqu'en 1997, a bel et bien tourné la page de l'atome. Le site, situé en bords de Loire près de Paimbœuf, s'apprête en effet à accueillir un « parc éco-technologique » dédié aux énergies marines renouvelables. Des usines de construction d'éoliennes flottantes ou d'hydroliennes pourraient y voir le jour, à terme. En attendant, un prototype d'éolienne off-shore y est déjà érigé par Alstom. Il devrait être terminé en mars prochain.

Un « joli clin d'œil au passé »
Le projet est un « joli clin d'œil au passé », convient-on au Grand Port maritime de Nantes/Saint-Nazaire. Il figure en tous cas dans les plans de développement de l'ex-Port autonome, tels qu'ils ont été présentés vendredi. Et manifestement, ce dernier est décidé à anticiper l'émergence de la filière des « énergies marines renouvelables ». A Saint-Nazaire, tout près des chantiers navals STX, un site industriel de 9 hectares va ainsi être « requalifié » pour réceptionner, stocker et pré-assembler les éoliennes off-shore qui seront installées au large du Croisic.
« C'est un pari sur l'avenir », convient Jean-Pierre Chalus, le président du directoire du GPM. Si Alstom a en effet bien choisi Saint-Nazaire pour construire ses éoliennes avec son partenaire EDF, rien ne dit, pour le moment, que le gouvernement lui accordera la moitié des parcs mis en jeu dans son appel d'offres lancé en juillet... Or, c'est sa condition pour maintenir son implantation.
Pour continuer à se développer, le Port a donc d'autres cordes à son arc. Il veut ainsi remettre en selle le transport fluvial, pour transporter les pièces du futur A350 entre ses usines Airbus de Bouguenais et Saint-Nazaire. « L'évacuation des déchets des travaux sur l'île de Nantes représente aussi un beau potentiel », estime Jean-Pierre Chalus.

Docks de Cheviré

Près de 30 000 m2 d'entrepôts logistiques vont être aménagés dans une usine désaffectée de cartonnages à Cheviré. Ils seront subdivisés en une trentaine de cellules modulables. Le projet, baptisé « Docks de Cheviré », prévoit un accès direct à la Loire.