les jeunes se protègent plus

Frédéric Brenon

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Pas de laisser-aller pour les préservatifs chez les 15-25 ans : leur utilisation est supérieure à la moyenne française.
Pas de laisser-aller pour les préservatifs chez les 15-25 ans : leur utilisation est supérieure à la moyenne française. — F. Elsner / 20 Minutes

La hausse du nombre d'IVG et d'infections sexuellement transmissibles pourrait faire croire à un relâchement. Il n'en est rien. Les jeunes des Pays de la Loire utilisent au contraire de plus en plus la contraception féminine et le préservatif. C'est ce qui ressort du tout nouveau Baromètre santé jeunes publié par l'observatoire régional de la santé (ORS). L'étude, réalisée tous les cinq ans, offre une photographie de la sexualité des 15-25 ans en 2010.
On y apprend que 94 % des jeunes de la région déclarent avoir utilisé un préservatif lors de leur premier rapport sexuel. Un usage en nette hausse comparé à 2000 (84 %) et 2005 (88 %). Un usage également supérieur à la moyenne nationale (90%). « Les jeunes entendent les discours de prévention et sont plus responsables qu'on pourrait l'imaginer. C'est la preuve que répéter ces messages fonctionne », se félicite Hélène Devaux, directrice du Planning familial.

Pilule du lendemain adoubée
L'étude démontre aussi que le recours à une méthode contraceptive est aujourd'hui quasi systématique chez les jeunes femmes (96 % ), y compris lors du premier rapport sexuel. La pilule orale est très majoritairement choisie, plus que la moyenne nationale. L'utilisation des autres méthodes médicales (implant, patch, stérilet) est en revanche moins répandue (3 % contre 7 % en France). « En 2000, l'usage de la pilule dans la région était en deçà de la moyenne. Une étape importante a été franchie », commente le Dr Anne Tallec, directrice de l'ORS. « La pilule est efficace, pas invasive, bien remboursée. On peut toutefois améliorer la diversification des méthodes, pour mieux s'adapter aux besoins », juge le Dr Sophie Biacabe, directrice du service universitaire de médecine préventive, qui note aussi que « les garçons s'intéressent davantage  » à la contraception féminine.
L'usage de la contraception d'urgence est également en plein développement : 13 % des femmes de 15-25 ans y ont eu recours dans les douze derniers mois. Elles n'étaient que 9 % en 2005. Au total, plus d'une jeune femme sur trois a déjà utilisé la pilule du lendemain au moins une fois dans sa vie. « Elles savent la prendre en cas de risque. Mais ça interpelle aussi si elle est utilisée avec systématisme », note Hélène Devaux.