Des tensions avant les expropriations

Frédéric Brenon

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Des manifestants se sont interposés hier pour tenter d'empêcher les visites du juge.
Des manifestants se sont interposés hier pour tenter d'empêcher les visites du juge. — F. Elsner / 20 Minutes

Ils seraient une dizaine à résister selon le concessionnaire Vinci Airports. Au moins une cinquantaine selon les opposants au projet. Les propriétaires refusant de vendre à l'amiable leur terrain situé à l'emplacement du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes reçoivent depuis hier la visite du juge des expropriations. Et, forcément, ce premier déplacement sur la zone était attendu de pied ferme par des manifestants.
Une centaine de personnes ont tenté de s'opposer au travail du juge, lequel, escorté par la gendarmerie, a été contraint de progresser à pied. Plusieurs échauffourées ont eu lieu avec des jeunes dressant des barrages.« On a dit au juge qu'il n'était pas le bienvenu ici. On respecte sa fonction mais si on peut le ralentir, on le fera », explique Dominique Fresneau, président de l'Acipa, principale association opposée au projet.

Vendre ou attendre
La tension des propriétaires tient aussi au prix proposé pour le terrain agricole : 16 cts le m2 (hors bâtiments). « Vinci offrait à peine plus cher. J'ai refusé de les recevoir car je ne veux pas partir. Je n'ai donc rien à perdre à aller au bout de la procédure », affirme Michel Tarin, dont la famille est installée depuis 1838 sur un terrain aujourd'hui en sursis. « Vinci a tout fait pour les convaincre de vendre de suite, n'hésitant pas à les harceler au téléphone, dénonce Erwan Le Moigne, avocat d'une trentaine de propriétaires. Ça peut marcher car il y a ici beaucoup de gens âgés à qui la justice fait peur. »

Libération fin 2012

La visite du juge des expropriations est le coup d'envoi d'une procédure appelée à durer plusieurs mois et devant aboutir à la libération de l'ensemble des terrains fin 2012. Vinci, concessionnaire de l'aéroport, affirme en contrôler déjà les trois quarts (900 ha sur 1239). Au terme de la procédure, des expulsions pourraient être prononcées.