La rentrée se fera en rangs serrés

Guillaume Frouin

— 

Seuls vingt et un postes seront créés dans les collèges de Loire-Atlantique.
Seuls vingt et un postes seront créés dans les collèges de Loire-Atlantique. — F. Elsner / 20 Minutes

La cure d'austérité se poursuit dans les écoles, collèges et lycées publics des Pays de la Loire. Alors que 1800 élèves de plus y sont attendus à la rentrée de septembre, 235 postes d'enseignants vont y être supprimés. La seule Loire-Atlantique, qui tire la croissance démographique régionale avec la Vendée, devra ainsi se contenter de douze profs de plus en maternelle et primaire, pour accueillir 685 écoliers supplémentaires. Idem dans les collèges (21 nouveaux postes, malgré 840 élèves de plus). La Sarthe, la Mayenne et le Maine-et-Loire régleront la différence.
Automatiquement, les classes seront donc plus chargées. Mais, pour le recteur, il n'y a « pas de lien mécanique entre les moyens humains et les résultats ». « Les deux départements les moins bien dotés en enseignants sont ceux qui ont les meilleurs résultats », fait remarquer Gérald Chaix. La « diversification linguistique » (allemand, chinois…) au collège, l'une de ses priorités, fait aussi fi de la « rationalisation budgétaire ». « Si on imposait que l'anglais et l'espagnol, on ferait des économies considérables », note le recteur.

166 créations étaient nécessaires
Cette « décision votée par le Parlement » fait en tous cas des remous. « Si nous avions voulu maintenir les mêmes conditions d'enseignement que cette année, il aurait fallu 166 créations de postes », calcule Eric Malo, secrétaire régional du Sgen-CFDT. « Nous aussi voulons améliorer le système, mais on ne peut pas le faire en retirant massivement des postes... Il faut vraiment tordre le cou au dogme du non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux. » A noter que l'enseignement privé, où sont scolarisés 40 % des élèves de la région, ne sera pas en reste : il devrait perdre 75 postes à la rentrée.