Marche en rangs serrés pour Laëtitia

Guillaume Frouin

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Franck et Stéphane, le père et l'oncle de Laëtitia, ont été les premiers à déposer leurs roses.
Franck et Stéphane, le père et l'oncle de Laëtitia, ont été les premiers à déposer leurs roses. — F. Elsner / 20 Minutes

Hier, à 14 h, les cloches de l'église de La Bernerie-en-Retz se mettent à sonner, sous le crachin et dans la brume. Les mêmes qui avaient retenti sous le soleil, en juin, pour l'enterrement de Laëtitia Perrais. Un an après la disparition de l'adolescente de 19 ans, dont le corps mutilé a été retrouvé en février puis en avril dans deux étangs, sa famille et ses proches organisaient dans le bourg une « marche silencieuse » en sa mémoire. « On fait ça pour que les gens ne l'oublient pas, pour que ce qui lui est arrivé ne reste pas un fait divers parmi d'autres », explique Nadège, qui tient une banderole « Laëtitia est dans notre cœur ». Problème, seule une soixantaine de personnes ont répondu à l'appel, lancé sur Facebook et dans les médias.

« On est bien vite oubliés »
« Ça me fait mal au cœur : je veux bien croire qu'il fasse mauvais, mais on est quand même bien vite oubliés dans ce bas monde... » se désole Louise, 80 ans, sous son parapluie. L'octogénaire ne connaît pas la famille, mais a tenu à venir « par solidarité ». « Même si on n'est pas super nombreux, ça fait du bien de vous voir », lance d'ailleurs à l'assistance Stéphane Perrais, la voix chevrottante. L'oncle de Laëtitia, accompagné de sa femme et du père de la jeune fille, mènera ensuite le cortège jusqu'au cimetière. La tombe de Laëtitia s'y distingue par son grand nombre de plaques et de fleurs funéraires. Hier, un nouveau monceau de roses blanches s'y est rajouté.

Le procès de Tony Meilhon approche

L'enquête judiciaire touche à sa fin : Tony Meilhon, le meurtrier présumé de Laëtitia, devrait être jugé d'ici un an par la cour d'assises. Il est soupçonné d'avoir percuté en voiture le scooter de l'adolescente alors qu'il était sous l'emprise de stupéfiants, avant de la frapper, de lui donner des coups de couteau et de découper son corps à la scie.