La pollution de la Loire condamnée

Guillaume Frouin

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Près de 500 tonnes de fuel s'étaient échappées d'une canalisation rouillée.
Près de 500 tonnes de fuel s'étaient échappées d'une canalisation rouillée. — F. LEPAGE / SIPA

La pollution - qui représentait l'équivalent de vingt camions-citerne - avait entraîné en 2008 le nettoyage de 90 km de côtes et de berges pendant près de quatre mois. Plus de trois ans après, la raffinerie Total de Donges a été condamnée hier à une amende de 300 000 €, après qu'au moins 500 tonnes de fuel lourd se soient échappées d'une canalisation rouillée dans l'estuaire de la Loire.
Le groupe pétrolier, qui a été relaxé pour « exploitation non conforme d'une installation classée », devra également verser plus de 400 000 € de dommages et intérêts aux vingt-et-une collectivités locales, associations et particuliers au titre de leur « préjudice moral » ou « matériel ». Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire n'a en revanche pas reconnu leur « préjudice écologique ». Au total, près de 3 millions avaient été réclamés. « C'est un recul par rapport à la jurisprudence du naufrage de l'Erika », déplore Marinette Colin, présidente des Amis des collectifs marée noire. La relaxe partielle est également « décevante » pour les parties civiles. « Le risque de pollution de la Loire a été totalement sous-estimé », avait pourtant considéré le procureur de la République lors du procès en octobre. « Total n'a jamais anticipé ce risque, qui était certain et déjà connu. »

Réactions politiques au jugement
De leur côté, les avocats de la raffinerie se sont gardés de crier victoire. « Nous ne sommes ni satisfaits, ni insatisfaits », a prudemment réagi Me Jean-Benoît Lhomme, qui a dix jours pour faire appel. La condamnation de la raffinerie a également déçu dans les rangs des partis politiques. « 300 000 €, c'est moins de 10 % du salaire annuel du PDG de Total, et moins de 0,03 % de ses bénéfices annoncés en 2010 », grincent ainsi les militants des Alternatifs.