Les étudiants étrangers s'inquiètent de leur avenir

Guillaume Frouin

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Felipe est aujourd'hui sans papiers.
Felipe est aujourd'hui sans papiers. — F. Elsner / 20 Minutes

Les élus socialistes de la région ont apporté, hier, leur soutien aux étudiants étrangers concernés par la « circulaire Guéant ». Cette « instruction générale sur la politique d'immigration professionnelle » durcit notamment les conditions d'embauche des étudiants étrangers en France. « On est prêts à prendre des dispositions pour les aider juridiquement », explique Jacques Auxiette, président de la région des Pays de la Loire. « Certains ont dû dépenser 3000 € de frais d'avocats. »

Les stagiaires également touchés
Le changement de statut d'étudiante à salariée est ainsi refusé par la préfecture à Marie*, venue poursuivre ses études d'informatique à Nantes en 2007. Une société de prestations informatiques lui a pourtant proposé un CDI. « Je n'ai pas le sentiment de voler l'emploi de qui que ce soit : mon employeur manque de candidats », se désespère cette jeune femme de 26 ans. « Si je devais rentrer chez moi, je ne ferais pas forcément une publicité positive à la France. » Felipe, 29 ans, ne veut pas non plus rentrer au Chili. « Cela fait six mois que j'attends d'honorer mon contrat », soupire cet ingénieur agronome, sans-papiers malgré un CDI chez un producteur de poussins d'élevage. La circulaire Guéant a aussi des répercussions sur les simples stages, selon les grandes écoles. « Dans les entreprises, des consignes sont passées pour ne pas prendre d'étrangers, de crainte qu'ils ne puissent être embauchés plus tard », déplore un responsable.

Malentendu

Une « circulaire complémentaire » va bientôt être envoyée aux préfets, selon le ministère de l'Intérieur, pour « dissiper tout malentendu » sur la « situation spécifique des diplômés étrangers hautement qualifiés ».