L'autre terre d'élection des cigognes

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Oiseau vedette du pays alsacien, la cigogne blanche pourrait bientôt le devenir aussi dans notre département. Le nombre de ces échassiers migrateurs qui élisent domicile dans les marais ligériens entre février et août ne cesse en effet de croître depuis 1996. On recense actuellement une quarantaine de couples, lesquels devraient donner naissance, d'ici à la fin mai, à une centaine de cigogneaux. Et la tendance n'est pas prête de s'inverser. « Une fois quitté leur nid, les jeunes cigognes viennent se reproduire près des lieux où elles sont nées, explique Angélique Lambert, animatrice à la Ligue de protection des oiseaux. Elles apprécient nos zones humides, l'Estuaire ou la Brière, où elles trouvent des conditions idéales pour leur nidification (alimentation, calme). D'ici quelque temps, on aura une population qui sera équivalente en nombre à celle vivant en Alsace. Ça va très vite. »

Menacée de disparition il y a encore trente ans, la cigogne blanche a fait sa réapparition en Loire-Atlantique dans les années 1990, après la pose de nids artificiels. « Avant, on les voyait passer lors de la migration, faire une halte quelques jours pour se nourrir, puis repartir aussitôt. Aujourd'hui, la trentaine de plateformes à leur disposition sont toutes occupées ! On a même découvert une dizaine de nids naturels. » Au point de devenir, rapidement, une véritable attraction touristique. « Les gens nous en parlent de plus en plus, constate Angélique Lambert. Les communes aussi s'intéressent à l'image très positive de ces cigognes. »

Frédéric Brenon