Tout n'est pas rose pour le muguet

©2006 20 minutes

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Pesant à eux seuls plus de 85 % de la production française, les cultivateurs de muguet nantais jouent, comme à chaque printemps, leur année sur quelques jours. La course contre la montre a débuté la semaine dernière avec les premiers ramassages. Les clochettes attendent maintenant dans les frigos le coup de feu du 1er Mai. Mais si la fleur est belle, un peu plus grosse que l'an passé malgré une poussée tardive, les ventes, elles, ont cette fois du mal à décoller. « Pour l'instant j'enregistre 25 % de commandes en moins », déplore Vincent Choimet, maraîcher depuis trois ans à Vue. C'est la morosité, les fleuristes achètent moins, ils ont subi une baisse de leur chiffre d'affaires très importante après les manifestations anti-CPE. »

Du coup, et pour trouver de nouveau débouchés, Vincent Choimet se lance dans la vente directe : les particuliers peuvent venir chercher leurs brins directement à son exploitation. Il espère réaliser de cette façon 10 % de ses ventes 2006. Autre solution, les compositions. « C'est une demande du consommateur », constate Jean Claude Le Lan, animateur à la fédération des maraîchers nantais. Cela permet d'accroître la valeur ajoutée du produit. » « On vend plus facilement les bouquets, mais on ne gagne pas plus d'argent, tempère Vincent Choimet. Il faut en effet davantage de personnel, voire mécaniser la mise en bouquet. « On perd d'une main ce qu'on gagne de l'autre. » Selon les premières estimations, un brin de muguet nantais « extra » se vend cette année environ 0,24 centimes d'euro hors taxe. Les prix n'ont jamais été aussi bas depuis 2001.

Pierre-Banzini Vanzini