L'avenir sourit aux comiques nantais

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Le coup d'envoi a été donné hier soir. Jusqu'à lundi, le festival Juste pour rire fait de Nantes la capitale mondiale du rire francophone. L'occasion pour les talents locaux de se montrer. Certains ont ainsi été sélectionnés pour le tremplin Complètement à l'ouest.

« Il s'agit de faire la courte échelle aux talents du grand Ouest, et en priorité de la région nantaise, explique Gérard Sibelle, directeur artistique du festival. Et on savait d'avance qu'il y en avait à Nantes. » Ce que confirme Gregg Commeyne, directeur du TNT (Terrain neutre théâtre), installé face au quai Baco : « Il y a un gros vivier artistique et un nombre considérable de comédiens. Mais, à côté de ça, il y a aussi un manque de salles et parfois d'audace des programmateurs ou des collectivités. »

« En plus, le public potentiel pour ces spectacles existe, et les Nantais ne sont pas froids, contrairement à ce que j'entends parfois », renchérit Mathilde Moreau, Nantaise pure souche et jeune créatrice de la Compagnie du café-théâtre, qui a mis en scène près de 2000 sketches en dix ans. « Sur 81 comédiens qui suivent des cours à la compagnie, une trentaine sont bons et dix sont vraiment très bons, précise-t-elle. Tu peux réussir à Nantes. Il y a tout à faire. Moi, je suis heureuse ici. » Sa dernière mise en scène, Les Jeunes Filles au couvent, écrite avec Marie Lancelot, est jouée pendant le festival. Une comédie décapante sur le pensionnat de cinq jeunes Nantaises au couvent des Carmélites, avec une bonne soeur pour le moins surprenante.

« De plus en plus, Nantes donne des moyens aux jeunes talents », souligne de son côté Olivier Daniel, comédien de 21 ans, originaire d'Héric et déjà auteur de deux one-man-shows. Il se produira demain soir dans Complètement à l'ouest. « Tout le monde se dit qu'il faut monter à Paris pour réussir ce métier. Mais il faut d'abord avoir fait ses preuves en province. Moi, si je peux rester toute ma vie à Nantes, je le ferai. »

Johann Pailloux

« Lyon est la capitale du café-théâtre en province, selon Gérard Sibelle. Florence Foresti, Muriel Robin ou Laurent Gerra en sont issus. »