Le port du niqab à l'amende

Guillaume Frouin
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Les policiers ont interdit aux deux femmes d'entrer voilées dans le tribunal.
Les policiers ont interdit aux deux femmes d'entrer voilées dans le tribunal. — F. Elsner / 20 Minutes

La sanction est tombée : l'épouse de Liès Hebbadj et l'une de ses trois compagnes ont écopé hier d'une amende de 140 €, après avoir été contrôlées voilées le 6 octobre à Rezé. Les deux femmes n'ont pas assisté à leur procès : elles refusaient d'ôter leur niqab pour entrer dans le Palais de justice. Elles ont été condamnées en vertu d'une loi votée il y a un an, après que leur homme eut décidé de médiatiser la contravention d'une troisième compagne qui avait conduit voilée.

Renvoi en correctionnelle requis
« La France est le seul pays démocratique à interdire la burqa dehors », s'est indigné le commerçant devant les journalistes. « Au tribunal des droits de l'Homme, on verra bien qui est hors-la-loi. » Liès Hebbadj s'était fait accompagner pour l'occasion de quatre amis, qui ont déployé des banderoles et scandé des cris de soutien.
Mais une autre mauvaise nouvelle l'attendait : le parquet a requis hier son renvoi en correctionnelle, celui de son épouse et de deux « maîtresses ». Ils sont soupçonnés d'avoir perçu 93 426 € de prestations sociales indûes, en « dissimulant une vie maritale de fait ». Sept autres délits, dont « travail clandestin » sur treize salariés, sont reprochés au commerçant de 36 ans.

Viol

Une ex-compagne, qui a porté plainte depuis contre Liès Hebbadj pour « viol », est aussi poursuivie pour la présumée fraude aux prestations sociales.