Le CPE balayé, la fac en plein ménage

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Il flottait presque un parfum de nostalgie, hier matin, sur le campus du Tertre. Respectant scrupuleusement la demande du président d'université, les cours ont repris dès 8 h en facs de lettres, de langues et de sciences humaines. Aucune opposition, contrairement aux semaines passées. Pas d'effusion de joie non plus. Comme si les esprits avaient déjà tourné la page, pour mieux se concentrer sur des examens déjà imminents. « Ça y est, cette fois c'est la bonne, se réjouit David, en master d'histoire. J'ai longtemps été favorable au blocus mais, depuis le retrait du CPE, il était nécessaire de se remettre au travail. Reste maintenant à rattraper le temps perdu. »

Dans le bâtiment de la Censive, qui abrite notamment les cours de sociologie, les stigmates de sept semaines d'occupation sont spectaculaires. Hall recouvert d'inscriptions, salles taguées, chaises et tables accrochées au plafond, serrures forcées : l'endroit ressemble plus à un squatt qu'à un lieu d'études. « Quand on a vu le bordel, on a décidé de filer un coup de main, raconte Marie-Eugénie, qui est venue avec ses amies. C'est un peu écoeurant de voir notre fac dans cet état. » Les vingt derniers occupants, pas tous étudiants, avaient été délogés, quelques heures plus tôt, dans la nuit, par les vigiles embauchés par l'université. Sans opposer de résistance.

Les cours, eux, ne reprendront pas tout de suite à la Censive. Les réparations sont estimées à 50 000 e. « Il va falloir nettoyer, refaire les peintures pour être opérationnel au plus vite, note François Resche, président de l'université. Malgré la tension, il n'y a jamais eu de violences. Donc on peut se dire que ça se termine plutôt bien. » Prévue depuis une semaine, une nouvelle AG étudiante se réunira cet après-midi devant la fac des lettres. La der des ders ? « Le blocus est un moyen d'action et non une fin, rappelle Pauline, de SUD-Etudiant. Si les gens veulent le faire, alors il reprendra. Notre motivation contre la loi est intacte. »

Frédéric Brenon