Un projet pour protéger les petits commerces

©2006 20 minutes

— 

Trop de banques en centre-ville ? Une réglementation pourrait bientôt légiférer sur cette question à Nantes. Une délégation d'élus de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) et de la municipalité vient de se rendre à Lyon pour étudier « un dispositif réglementaire visant à préserver l'animation commerciale du centre » en vue du nouveau plan local d'urbanisme (PLU). L'idée est d'interdire toute transformation d'activité de locaux commerciaux et artisanaux de certaines rues du centre. Ainsi, une boucherie devrait obligatoirement être acquise par un boucher.

Déjà appliquée à Paris, à Lyon ou à Marseille, cette réglementation vise à limiter l'expansion de banques au centre-ville. « Les banques ne sont pas génératrices de flux et on ne peut pas dire que les distributeurs en façade soient très conviviaux, relève Jean-François Gendron, président de la CCI. Or, elles ont plus de moyens pour occuper des emplacements de premier choix : il y a inégalité des chances. » Même constat de Yannick Curty, président de l'association de commerçants Plein Centre : « Cette logique d'acquisition se traduit par des façades aveugles. La seule façon de privilégier la diversité des commerces, c'est de légiférer. »

La municipalité reste, elle, prudente sur le dossier : «Le problème, c'est qu'il n'y a pas de distinction juridique entre les banques et les commerces », note Jean-Marie Pousseur, adjoint à l'Urbanisme. L'exemple lyonnais doit nourrir la réflexion avant le vote définitif du PLU, début 2007.

Sandrine Lefebvre

136 banques se situaient en centre-ville en 2004. 375 établissements de services étaient installés en centre-ville en 2004. 1 200 points de vente sont dans le centre-ville. 60 % des agences bancaires, immobilières et d'assurances sont concentrées dans l'hypercentre. 4 % C'est ce que représente l'hypercentre par rapport à la surface du territoire communal. 17 % de la surface commerciale de l'agglo, c'est ce que représente les commerces du centre.