Dialogue de sourds en fac de lettres

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Climat extrêmement tendu hier matin sur le campus du Tertre. Fidèles à ce qu'ils avaient décidé la veille, quelque 150 étudiants opposés à la loi pour l'égalité des chances ont réussi à empêcher la tenue du référendum qui devait déterminer l'éventuelle reprise des cours en facs de lettres, sciences humaines et langues. Dès 8 h 30, les grévistes se sont placés avec des tables et des chaises devant les deux accès du Pôle étudiant où devait se tenir, de 9 h à 14 h, le vote organisé par la présidence de l'université. Face à eux, plusieurs centaines d'étudiants, la plupart favorables à la fin du blocus et souvent particulièrement remontés. « Il est temps que cesse ce cirque, hurle une étudiante anti-blocus aux grévistes. Si vous ne nous laissez pas voter c'est que vous avez peur. Vous savez très bien que vous n'êtes plus qu'une minorité. » « C'est faux, s'emportent les pro-blocus. L'AG étudiante de lundi a choisi le blocage jusqu'au 19 avril. C'est elle qui est légitime, pas ce vote imposé par le président. » Malmené par les deux parties – les anti-blocus lui reprochent de vouloir décaler les examens et même d'annuler l'année si la grève persiste –, le président de l'université, justement, essaie d'instaurer un dialogue au milieu de la mêlée. Il y parviendra devant un amphi bondé pour une réunion de crise improvisée. « Je ne ferai pas venir la police pour permettre le vote, répond François Resche. Mais j'estime que la majorité veut la reprise des cours. Alors ceux-ci reprendront mardi. Il est hors de question de valider des diplômes si le semestre est amputé de plus de la moitié des cours. » Les nouvelles dates d'examens seront communiquées dès ce matin.

Frédéric Brenon