Surréalisme au coin du zinc

Guillaume Frouin

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Lalie Walker et Francis Mizio, un couple d'écrivains, portent le projet.
Lalie Walker et Francis Mizio, un couple d'écrivains, portent le projet. — F. Elsner / 20 Minutes

Ce soir (20 h), la « déclaration d'indépendance » de l'île de Nantes va être promulguée au Melting Potes. Ce bar, situé près de la Maison des syndicats, est le quartier général du nouveau Parti indépendantiste, populaire et immarcescible (P.I.P.I.). Un parti qui a déjà son slogan (« Ile de Nantes, île flottante »), mais qui cherche encore des graphistes pour dessiner ses armoiries et des musiciens pour composer son hymne national.

Un Groland artistique
Son programme repose en partie sur la création d'une « taxe de séjour pour les continentaux », pour financer l'octroi de « cafés gratuits pour les îliens » au Melting Potes. Un « comité de réflexion » a aussi été créé pour offrir l'asile aux plans de muscadet arrachés dans le Vignoble. « Ils pourraient être replantés à la place du futur CHU », suggèrent les indépendantistes « îlonantais ».
Reste que ce projet de Groland nantais n'a rien de politique. Il a été lancé par un couple d'écrivains parisiens, qui a emménagé ici il y a un an. Francis Mizio (48 ans) et Lalie Walker (47 ans) veulent rendre hommage à la « pataphysique », une pseudo-discipline qui tourne en dérision les sciences modernes. Si leurs réunions du P.I.P.I auront lieu une fois par mois, d'autres soirées littéraires – moins loufoques – sont prévues chaque semaine au café. Objectif : donner un supplément d'âme culturelle aux dizaines d'immeubles récemment sortis de terre entre la place de la République et les Machines de l'île.

Le « risque » de la ville-dortoir
« Le risque, avec ces nouveaux quartiers, c'est qu'ils se transforment en ville-dortoir », redoute Lalie. Pour

(r)éveiller les consciences, le P.I.P.I planche ainsi déjà sur un projet de « librairie clandestine ». Des débats surréalistes (« L'éléphant est-elle une espèce invasive ? ») sont également programmés.

Immarcescible

Le mot « immarcescible » signifie « qui ne peut perdre sa pureté ». Un terme littéraire, qui cadre avec l'image surréaliste du P.I.P.I. Celui-ci accueille d'ailleurs ce soir, pour sa première, l'écrivain Jean-Bernard Pouy (« Le Poulpe »).