La crise, un souvenir tenace à l'usine waterman

Guillaume Frouin

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A Saint-Herblain, Waterman repart de l'avant. Le fabricant de stylos et de recharges recrute actuellement une trentaine de personnes, après avoir précisément supprimé trente-cinq postes lors de la crise économique de 2009. L'usine (500 salariés), il est vrai, s'est vu confier entre-temps les stylos Parker, fabriqués jusque-là à Newhaven (Angleterre). Elle est devenue, de fait, l'unique site de production au monde des stylos haut de gamme du groupe américain Newell Rubbermaid. Une réorganisation devenue indispensable, selon la direction. « Le stylo se vend de plus en plus difficilement, il est concurrencé par l'iPhone et autres tablettes tactiles », explique Bruno Réaud, directeur de l'usine Waterman. « Depuis quinze ans, les volumes ont beaucoup baissé. »
Pour « booster ses ventes », Waterman a donc investi 500 points de vente (boutiques, vitrines d'aéroport...) dans le monde. Une « réorganisation juridique » attend aussi le site de Saint-Herblain, qui va être éclaté en quatre entités distinctes. Un scénario qui rappelle aux syndicats celui de Trelleborg : en 2008, le fabricant de tuyaux avait fait de même à Carquefou, avant de licencier quelque 300 salariés (sur 1400) et délocaliser une partie de sa production en Europe de l'est et en Turquie.
« Cette réorganisation ne touche ni le quotidien des salariés, ni les emplois », rassure Bruno Réaud. « Les promesses n'engagent que ceux qui y croient », rétorque Stéphane Vergne, délégué syndical (CGT). « Les gens trouvent quand même incongru de travailler sur le même site et d'appartenir à des sociétés distinctes... On est dans le flou concernant l'avenir du site. »