CPE : le mouvement se radicalise

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Le cours des Cinquante-Otages avait un peu des allures de champ de bataille tôt hier matin. Poubelles éparpillées, panneaux publicitaires saccagés, abribus fracassés, bacs à fleurs renversés, les stigmates des débordements de la veille étaient encore bien visibles. Vers 21 h mardi soir, près de 400 personnes hostiles au « contrat première embauche et à la précarité » s'étaient rassemblées dans le centre-ville. Des échauffourées ont vite éclaté, près du siège de l'UMP d'abord, puis devant la préfecture, où les forces de l'ordre qui suivaient le cortège s'étaient regroupées. Pendant près d'une heure, celles-ci ont essuyé les jets de divers projectiles (bouteilles, panneaux, cailloux). Deux manifestants ont été arrêtés, provoquant l'énervement du groupe qui s'est replié sur Graslin en cassant tout sur son passage. Trois vitrines ont été brisées rue du Calvaire. Le calme est revenu vers minuit, après l'usage de gaz lacrymogènes. Au total, six personnes ont été interpellées. L'une d'entre elles sera jugée dès ce matin. Réunis en AG hier après-midi, une partie des étudiants grévistes de la fac de lettres ont revendiqué la « radicalisation du mouvement » et ont affiché leur « solidarité avec les casseurs ».

Hier matin, environ 600 étudiants et lycéens ont aussi bloqué avec l'aide de la CGT les quatre entrées du Marché d'intérêt national (MIN) situé sur l'île de Nantes. « Notre but est de bloquer l'économie afin de faire réagir le gouvernement », explique un syndicaliste. L'activité du site a été totalement paralysée de 5 h 15 à 8 h 30. Les incidents entre chauffeurs et manifestants ont été évités de justesse.

F. B.

Pression des examens oblige, les cours ont repris dans la plupart des lycées du département. Leur fonctionnement reste toutefois souvent très perturbé du fait de l'absentéisme important d'élèves grévistes.