Mobilisation record hier contre le CPE

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Du jamais-vu depuis vingt ans. « Entre 75 000 et 80 000 personnes » ont défilé hier matin à Nantes, selon une porte-parole du collectif Stop CPE 44. Ils étaient 42 000, corrige-t-on côté policier, où l'on parle malgré tout d'une « mobilisation très très importante ». A Saint-Nazaire, les organisateurs ont par ailleurs dénombré 25 000 manifestants, et 1 200 à Châteaubriant.

Il s'agirait, selon le collectif Stop CPE 44, du plus gros rassemblement depuis le défilé de 100 000 personnes venues défendre « l'école libre » en octobre 1983. A titre de comparaison, les manifestations de 1995 avaient mobilisé 33 000 protagonistes, et celles d'avril 2002, contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, près de 40 000. « Jusque-là, beaucoup ne sortaient pas de chez eux, en espérant que le gouvernement tire les conséquences des précédentes manifestations », analyse le collectif Stop CPE 44. « Par ailleurs, la mobilisation des étudiants n'a pas flanché et l'intersyndicale ne s'est jamais désolidarisée. » Un bus sur quatre n'a pas roulé hier, et 40 % du trafic des tramways a été empêché. Près de 60 % des profs des lycées de Loire-Atlantique étaient en grève, selon le rectorat, et une dizaine d'établissements bloqués.

Le collectif Stop CPE 44 attend désormais une réponse « rapide et positive » du Premier ministre, faute de quoi une prochaine manifestation pourrait avoir lieu. La date du 4 avril a d'ores et déjà été avancée. En attendant, des assemblées générales, « de tous les personnels avec tous les syndicats », doivent avoir lieu dès ce matin, a indiqué hier l'union départementale Force ouvrière (FO).

Très peu de dégâts ont par ailleurs été enregistrés hier à Nantes. Seuls 300 individus, issus selon la police de « groupuscules anarchistes et d'extrême gauche », ont cherché à en découdre avec les forces de l'ordre. Aucune « bande de quartier » n'a en revanche été signalée. Des oeufs et des ballons de baudruche remplis de peinture ont néanmoins été jetés sur la préfecture, en dépit du service d'ordre composé par les dockers.

Guillaume Frouin