Bar-bars défend la culture du bistrot

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Les invasions Bar-bars. De jeudi à samedi, soixante cafés nantais et rezéens vont accueillir quelque 200 manifestations : expos, spectacles, concerts à gogo. Le festival, qui en est à sa cinquième édition, donne un coup de projecteur sur l'action culturelle des cafés. Et un porte-voix à leurs inquiétudes.

Le collectif Bar-bars milite depuis 1999 pour défendre le droit aux estaminets d'animer les nuits nantaises. Ce qui cloche ? La loi anti-bruit d'abord, qui fixe à 65 décibels la limite acceptable de l'intensité sonore d'un bistrot. Histoire d'assurer la tranquillité des voisins. « C'est beaucoup trop strict : un repas de famille c'est 85 décibels, tempête Armelle Raunier, bénévole de l'association et ex-patronne de l'Attribut. En un an, j'ai eu deux restrictions d'horaires à cause d'une seule voisine ! Si on continue ainsi, dans quinze ans, il n'y aura plus de bars ».

Deuxième bâton dans les roues des cafetiers : ils ne peuvent inviter que six artistes par an. Au-delà, il leur faut une licence d'organisateur de spectacle. Ce qui implique notamment l'installation d'une isolation phonique. « Tout ça pour un mec qui gratte sa guitare ! »

Le collectif siège à la commission municipale des débits de boisson et tente de faire entendre sa voix. Il soutient le confrère menacé d'une amende, discute avec les autorités. Au sein de l'association, les cafetiers ont tendance à baisser le son. « Depuis la création du collectif, on abuse moins », admet Armelle Raunier. En six ans, le nombre de plaintes de voisins a diminué de moitié.

Guillaume Lecaplain

Rens. : www.bar-bars.com

50 000 festivaliers sont attendus cette année. Ils étaient 35 000 en 2005. 730 bars à Nantes. Soit 20 de moins qu'en 1990. 100 Le collectif comprend une centaine de membres, en Loire-Atlantique mais aussi en Vendée, dans le Finistère ou le Morbihan. 6 plaintes vont être examinées par la commission des débits de boisson pour le mois de mars 2006. 1998 La loi anti-bruit qui fait trembler les bars a déjà huit ans.