CPE : la rue fait entendre sa voix

©2006 20 minutes

— 

On n'avait pas vu une telle mobilisation à Nantes depuis mai 2002 et la manifestation anti-Le Pen avant le second tour de l'élection présidentielle. Samedi après-midi, ils étaient environ 35 000 (21 000 selon la police, 45 000 selon les organisateurs) à chauffer le goudron nantais, plus d'une heure durant, pour réclamer le retrait du contrat première embauche. Lycéens, étudiants, salariés, chômeurs ou retraités, les opposants au CPE étaient au grand complet. Massée en tête de cortège, c'est la jeunesse qui battait la mesure. « Politiciens : les lycées ont le droit de s'exprimer. C'est notre avenir, pas le vôtre », clamait une pancarte de lycéens. « Villepin, t'es foutu, même la fac de droit est dans la rue », répondait une banderole d'étudiants.

Les syndicats suivaient, nombreux et organisés, chantants et déterminés. « J'ai deux enfants qui seront bientôt en âge de chercher du travail, expliquait Joël, 48 ans, à quelques mètres de la bannière CFDT. Je suis venu pour eux, pour ne pas qu'ils subissent une France qui pense d'abord à ses entreprises plutôt qu'à ses gens. » « Cette manifestation est un succès mais j'espère qu'elle sera la dernière, commentait un peu plus loin un jeune cégétiste. Les étudiants commencent à fatiguer. Si le gouvernement ne veut rien entendre, ça va péter. » Et Nantes n'était pas la seule à manifester son mécontentement : à Saint-Nazaire, ils étaient environ 8 000 à défiler samedi, et 800 à Châteaubriant. Frédéric Brenon

Lire aussi p. 4 et 5.

incidents En marge de la manifestation, trois jeunes ont été interpellés pour avoir brisé la vitrine d'une salle de jeux, place du Commerce. Ils étaient toujours en garde à vue, hier.