Adeptes de la dictée et du sans-faute

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Près de 150 mordus d'orthographe du Grand Ouest ont pris part, samedi au CCO, tour Bretagne, à la 4e édition de la Dictée Jules-Verne. Un exercice concocté, de l'écriture à l'énoncé, par Jean-Pierre Colignon, ancien chef correcteur au Monde et membre du jury national des Dicos d'or. « Ludique avant tout », selon son concepteur, ce texte de 2 600 signes, truffé de références régionales, a attiré une demi-douzaine de spécialistes, comme Guy Deschamps. L'ex Dico d'or, venu du Calvados a remporté l'épreuve haut la main, avec une demi-faute (sur une minuscule), devant deux Nantais.

Parmi ces assidus de la dictée, dont la plupart s'entraînent « comme pour un examen », Alain, un Rennais, consacre « au moins cinq heures par semaine » à éplucher le Larousse, tandis que Mylène, 58 ans, « classe dans un carton les pièges à éviter ». Un travail efficace : aucun n'a calé sur la « logorrhée incoercible » ou le « vexillologue » de Jean-Pierre Colignon. L'homme assure pourtant ne « jamais abuser du vocabulaire pointu », préférant « faire réfléchir sur l'étymologie ».

Une dizaine de jeunes ont aussi planché sur la dictée. Une première pour Hélène et Rodolphe, 21 ans, qui assument leur appartenance à « la génération texto » : « Ce n'est pas parce qu'on envoie des SMS, par souci de rapidité, qu'on néglige notre belle langue. On est bilingue, en somme ! »

Thomas Huet