des curieux et des passionnés

David prochasson photos : ludovic failler

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Les agriculteurs avaient réalisé un vélo géant (ci-dessus). En bas à droite, Anthony Charteau, à Arthon-en-Retz.A Arthon-en-Retz hier au passage du peloton (en haut) et lors de la longue attente qui le précède (à droite).
Les agriculteurs avaient réalisé un vélo géant (ci-dessus). En bas à droite, Anthony Charteau, à Arthon-en-Retz.A Arthon-en-Retz hier au passage du peloton (en haut) et lors de la longue attente qui le précède (à droite). —

Soleil de plomb sous une pluie de cadeaux : saucisson, bonbons en gélatine et bobs à pois... La Loire-Atlantique s'est régalé hier lors du passage de la troisième étape du Tour de France, partie d'Olonne-sur-Mer pour arriver à Redon. Hier, à mi-chemin, du côté d'Arthon-en-Retz, toutes les motivations étaient bonnes pour squatter un bout de trottoir. « Quand ils passeront, tu feras bien coucou. Si ça se trouve, tu passeras à la télé », lâche un père à son petit. « La route était barrée alors on s'est installé pour quelques heures », explique très sérieusement un couple de retraités. « Nous, on est surtout là pour les bricoles distribuées par la caravane, avoue Franck, venu avec ses filles. Le reste, ce n'est pas passionnant. »

L'arrêt-éclair de Charteau
Haut perché sur sa camionnette, Titi profite de la meilleure vue. Faute de télé -« le groupe électrogène ne marche plus », ce Nantais de 52 ans ne décroche pas du poste de radio. Il est arrivé à deux heures du matin et a dormi dans son véhicule. L'attente est longue alors certains la font passer au bistrot. A L'Arthonic d'Arthon-en-Retz, ça ronronne encore : « On regarde le PMU », confie Raymond au comptoir. Dehors, l'accordéon valse sur l'air du Petit vin blanc et la bière s'écoule dans un joyeux vacarme. Un client nous rappelle qu'on est ici dans le fief d'Anthony Charteau. Il ironise, au porte-voix : « Communiqué du Tour de France : Anthony Charteau a quatre minutes d'avance. » L'enfant du pays, « le roi de la montagne » comme on pouvait lire sur les panneaux de ses supporters, quittera bel et bien ses compagnons du peloton quelques kilomètres avant Arthon-en-Retz. Cerné par un joli comité d'accueil, il s'est offert une pause éclair devant la maison de ses parents, le temps d'embrasser son fils et sa femme et de rentrer dans le rang. Car derrière, ça presse et ça défile à grande vitesse. « C'est ça le Tour, raconte une maman à son fiston qui n'a rien vu venir. Ils passent et c'est fini. » Hier, sur la route d'Arthon-en-Retz, seul Anthony Charteau, l'étoile filante du pays, aura réussi à suspendre le temps.