Le pigeon, une bête de course

Guillaume Frouin

— 

Les pigeons de Louis Lelay, un Nantais de 73 ans, reviennent ce midi de Dinan.
Les pigeons de Louis Lelay, un Nantais de 73 ans, reviennent ce midi de Dinan. — F. Elsner / 20 Minutes

Ce midi, les cinq meilleurs pigeons voyageurs de Louis Lelay vont regagner leur volière, dans le quartier Bourgeonnière. Lâchés un peu plus tôt de Dinan (Côtes-d'Armor), ils auront bouclé la 4e étape du premier « tour de France colombophile », sorte de course de relais entre éleveurs, longue de 2000 km. Demain, ce retraité de 73 ans lâchera à son tour les pigeons de son relayeur, qui habite vers Royan (Charente-Maritime). « Le but sera de battre l'an prochain le record de vitesse qui aura été établi cette année », explique José de Sousa, président de la fédération française de la discipline.

Vingt-huit courses au programme
Classé parmi les meilleurs éleveurs de la région nantaise, Louis Lelay, lui, fait tout pour que sa centaine de pigeons soit au top. Il nettoie par exemple leur volière tous les matins « pendant une heure », et les traite contre les maladies. Il les emmène aussi une fois par semaine à Cholet ou Rennes, pour qu'ils s'entraînent à retrouver leur chemin : cet été encore, ils vont prendre part à vingt-huit courses. « Même les plus grands savants se sont penchés sur la question, mais personne n'est capable de dire comment ils parviennent à s'orienter », sourit le retraité. « Le soleil joue certainement un rôle, mais ça ne fait pas tout. » Lui, en tous cas, a un truc pour inciter ses mâles à revenir à la maison. Il dit qu'il « joue au veuvage ». « Juste avant les concours, on leur présente brièvement leur femelle, dont ils ont été séparés au préalable, et on fait pareil au retour », explique Louis. « Ça leur donne envie de revenir. »