Le Hellfest, une bonne affaire d'enfer

Guillaume Frouin

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Les spectateurs du Hellfest pouvaient faire des achats ou se faire tatouer sous les chapiteaux du « Extrem Market ».
Les spectateurs du Hellfest pouvaient faire des achats ou se faire tatouer sous les chapiteaux du « Extrem Market ». — F. Elsner / 20 Minutes

Vendredi et samedi soir, deux veillées un peu spéciales avaient lieu à l'église de Clisson. « On prie pour que notre jeunesse ne soit pas enténébrée par des influences mauvaises », explique le père François-Xavier Henry, le prêtre de la paroisse. Lui et d'autres catholiques sont en effet « choqués » par les « propos christianophobes » de certains groupes du Hellfest. Le festival de « musiques extrêmes » (metal, hard rock…), qui a encore attiré 70 000 spectateurs ce week-end à Clisson, fait pourtant le bonheur économique du Vignoble.

« Pour nous, c'est du pain bénit »
« La traduction littérale de certains textes est inacceptable, mais seule une minorité de spectateurs y prête attention », relativise Jean-Pierre Coudrais, le maire (divers gauche) de Clisson. Il faut dire que chaque « métalleux » dépense entre 900 et 1500 € pendant ses trois jours du Hellfest, entre le transport, l'hébergement et la nourriture. Et que 25 % de cette somme retombe dans le tissu économique local.
« Pour nous, le Hellfest, c'est du pain bénit », reconnaît André Rautureau, président de l'office de tourisme de la vallée de Clisson. « Cela nous permet de toucher une population jeune et internationale, qu'on ne toucherait pas autrement », ajoute-t-il. « Ce sont par ailleurs des gens d'une politesse et d'une courtoisie que beaucoup d'autochtones pourraient leur envier… »

Supermarché spécialisé sur place
Sur place, les festivaliers font aussi tourner le commerce. « Ce sont souvent des gens qui ont économisé toute l'année pour venir ici », observe « Gigi », gérante de « La Tartine de l'Enfer ». « Une fois sur place, ils ne sont pas radins sur la bouffe. » Un peu plus loin, les chapiteaux du « Extrem Market » ne désemplissent pas. On peut y acheter des CD et des vêtements à l'effigie de groupes, mais aussi s'y faire tatouer ou poser un piercing. Jérôme, un des organisateurs, y porte curieusement la soutane et le chapelet. « C'est un clin d'œil à tous ces intransigeants qui alimentent la polémique autour du Hellfest », sourit ce jeune homme de 33 ans. « Du coup, ce week-end, j'ai décidé de bénir les spectateurs à la bière. »