L'épuisement des agents du CHU dénoncé

Frédéric Brenon

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La surcharge de travail porterait atteinte à la santé des salariés du CHU de Nantes.
La surcharge de travail porterait atteinte à la santé des salariés du CHU de Nantes. — F. Elsner/ 20 Minutes

La santé physique et psychique des agents du CHU de Nantes se dégrade. C'est ce qui ressort du rapport 2010 que vient d'établir la Médecine du travail concernant l'hôpital public, premier employeur du département avec plus de 8000 salariés.
« Les signes de souffrance observés chez le personnel ne cessent d'augmenter, tous grades confondus », écrit l'organisme en conclusion. Les agents du CHU émettent « des doléances nombreuses, essentiellement sur la charge de travail et la dégradation des conditions de travail », ajoute la Médecine du travail, précisant que les « plaintes portent essentiellement sur l'absentéisme non remplacé ». « Retours sur repos », « modifications de planning », « heures supplémentaires » : tout ceci « amène de plus en plus à un épuisement professionnel que désormais beaucoup osent exprimer, généralement quand ils sont au bout du rouleau voire en burn-out ».

Le service rendu affecté
Selon le bilan social de l'hôpital, l'absentéisme a effectivement sensiblement augmenté entre 2008 et 2010. Le nombre total d'heures travaillées, lui, est en baisse (environ 4 %), tout comme la part des dépenses de personnel dans le budget du CHU. Pourtant, dans la même période, l'activité de soins a bel et bien progressé de 15 %.
« La charge de travail augmente mais les moyens humains sont fortement réduits depuis que la direction s'est attaquée à résorber le déficit de l'hôpital, explique la CFDT, syndicat majoritaire. Cette fois, la situation est grave, le personnel n'en peut plus. On n'avait jamais vu ça. Il faut arrêter la casse. »
Le syndicat évoque les conséquences sur les usagers. « Le service fourni aux malades est moins bon, forcément. On voit des agents expérimentés commettre des erreurs qu'ils ne faisaient pas avant. On constate d'ailleurs une augmentation des plaintes et réclamations. Cette dégradation, on la vit très très mal, car on aime notre métier ». Sollicitée par 20 Minutes, la direction du CHU n'a pas donné suite hier.