L'olympic, accélérateur de talents

Julien Ropert

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C'est dans cette salle que se sont formés Dominique A ou Philippe Katerine.
C'est dans cette salle que se sont formés Dominique A ou Philippe Katerine. — N. BRETAUDEAU/; musifilms.com

Jean-Michel Dupas, programmateur historique de l'Olympic, a la métaphore footballistique facile. « Avant l'ouverture de cette salle à Chantenay en 1995, Nantes avait pris beaucoup de retard sur Rennes ou Angers. Il n'y avait que très peu de lieux de répétition. Pour le rock, on était un peu en deuxième division. On a vite rattrapé ce retard pour jouer le haut de tableau. » En seize ans, Nantes est devenu une ville qui compte, pour les artistes étrangers, qui n'hésitaient guère à venir faire vrombir leurs amplis dans cette salle de 800 places. Un succès qui doit autant à la qualité des équipes en place qu'à l'entregent de son équipe de programmation.

« Un gros maillon »
Mais la scène locale a aussi profité de l'effet Olympic et pris son envol. A l'image de Dominique A, Philippe Katerine et des Little Rabbits, les trois « stars ». « On a grandi en même temps qu'eux, ils sont très souvent passés chez nous, avant de devenir des références nationales. » Puis, au début des années 2000, une nouvelle scène est apparue, notamment autour du label Effervescence, avec des groupes comme My name is nobody ou Patriotic Sunday. Là encore, l'Olympic était là pour mettre en valeur cette scène émergente avec deux soirées « Jeu à la Nantaise », en 2002 et 2004. Avant l'apparition des nouveaux talents nantais tels que Rhum for Pauline ou Elephanz.
Un bouillonnement dont l'Olympic est loin d'être le seul responsable. D'autres organismes, comme Trempolino, d'autres lieux ont tenu un rôle capital. Sans parler du talent des artistes. Mais la salle a joué son rôle. « On a su mettre les lieux à disposition pour des résidences, connecter les groupes aux bonnes personnes. Tout ça, c'est avant tout un brassage. La salle n'est pas le seul maillon de la chaîne, mais c'est un gros maillon. » Une chaîne que même un déménagement ne saurait briser.

Stéréolux

Si la célèbre salle de Chantenay fermera définitivement ses portes dimanche, l'Olympic ne mourra pas complètement. La structure continuera de vivre sous le nom Stéréolux au sein de la Fabrique, qui ouvrira ses portes le 30 septembre sur l'île de Nantes, derrière les Nefs. Deux salles neuves de 400 et 1200 places seront à disposition des programmateurs. Pour célébrer cette évolution, des festivités (concerts, animations) sont prévues jusqu'à dimanche soir à Chantenay.