Une semaine de grève de la faim

Julien Ropert

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Huit jours de grève de la faim. Le chiffre s'affiche au marqueur bleu sur un tableau blanc à l'entrée du petit jardin de la famille Livet. Depuis plus d'une semaine, ce couple de sexagénaires lucéens ne s'alimente plus pour protester contre l'installation d'une antenne-relais d'Orange sur le terrain de Réseau ferré de France, à une trentaine de mètres de leur maison dans le quartier Marchinchère. Une implantation décidée sans aucune concertation au niveau local qui provoque l'ire des résidents. Au point de pousser les Livet à ce moyen radical pour faire bouger Orange et RFF.

« On ira jusqu'au bout »
Une méthode éprouvante qui marque déjà les visages du couple.« Je me sens fatigué, j'ai des vertiges, des maux de tête, des brûlures d'estomac, confie Christian, que sa mère, inquiète, avoue ne pas reconnaître. Je n'ai pas envie de finir à l'hôpital, mais s'il arrive quelque chose ils seront responsables. » Le retraité passe en outre une partie de ses nuits dans une tente dressée dans son jardin, « au cas où ils amèneraient une grue » pour démarrer le chantier. Sa femme, Paulette, est moins volubile, mais tout aussi déterminée. « Les gens de RFF ne voulaient pas nous rencontrer avant le 12 mai, mais depuis qu'on fait la grève de la faim, c'est le 5, explique-t-elle, l'œil humide. On veut du concret, et on ira jusqu'au bout. »