Les chrétiens dans la place

Antoine Gazeau

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Le père Benoît Bertrand, le pasteur Caroline Schrumpf et François Tellier.
Le père Benoît Bertrand, le pasteur Caroline Schrumpf et François Tellier. — F. Elsner / 20 Minutes

Ils insistent en chœur : il n'y aura ni prière, ni célébration, ni messe quelconque. « Juste une manifestation de notre joie en ce jour important pour nous », explique François Tellier, responsable du groupe œcuménique de Nantes. Ce sera dimanche, à 18 h: orthodoxes, catholiques et protestants fêteront Pâques ensemble. En plein centre-ville de Nantes, place Royale : « Un lieu plus neutre qu'un parvis de cathédrale ou qu'un temple », juge Caroline Schrumpf, pasteur de l'église réformée de Loire-Atlantique.

« Pas de revendication politique »
En ces temps où les contours de la laïcité sont discutés de toutes parts, l'initiative paraît audacieuse. Les responsables chrétiens y ont pensé. Depuis octobre 2010, même. Mais « cette année, Pâques tombe le même jour pour nous tous, note encore Caroline Schrumpf. On veut simplement se retrouver. Il n'y a pas de revendication politique... »
Du reste, les autres communautés religieuses n'y voient pas de quoi casser trois pattes à un canard. Les autorités non plus, qui ont accordé les autorisations. « Il n'y a eu aucun forcing, rappelle le père Benoît Bertrand, vicaire général du diocèse de Nantes. Dans tous les cas, il faut éviter de créer une société trop alvéolée... »

première

Dans une ville marquée par la guerre des religions, ce raout œcuménique est une première. La prochaine coïncidence des calendriers surviendra en 2014.