Un pèlerin squatte l'église Saint-Clément

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Après une absence remarquée de plus d'un siècle, le faucon pèlerin est de retour à Nantes. Le rapace a élu domicile sur le clocher de l'église Saint-Clément, un des points les plus hauts de la ville, depuis deux hivers. Il fuirait ainsi le grand froid scandinave. Mais pourquoi préférer le tumulte urbain au calme des falaises ? « Ici, il trouve pas mal de nourriture, notamment les pigeons. Il a le gîte et le couvert à volonté », explique Willy Raitière, de la ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en Loire-Atlantique. L'interdiction de certains pesticides et la loi de protection sur les rapaces ont permis a cet espèce de se multiplier. « On compte un millier de faucons pèlerins en France, contre 200 dans les années 1970», informe François Jourdain, animateur à la LPO. Mais pas question de reproduction à Nantes, où ne vit qu'une seule femelle.

Décrit comme opportuniste et solitaire, le faucon pèlerin part à la conquête de nouveaux territoires. A son arrivée en septembre, la LPO a lancé une enquête auprès des ornithologues pour connaître le nombre de faucons sur le département. Quatre ont été répertoriés pour l'instant, mais une dizaine passeraient en Loire-Atlantique, selon la LPO. Dos gris, ventre blanc barré de noir, tête noire affublée de deux moustaches : la femelle fait admirer son plumage à qui se donne la peine de lever les yeux. La LPO organise des visites avant la migration de l'oiseau, prévue en mars.

Sandrine Bavard

Le champ visuel du faucon pèlerin s'étend sur six kilomètres et sur 300 degrés. Son acuité visuelle, six à huit fois meilleure que celle de l'homme, ne laisse aucune chance à ses proies, qu'il attrape en plein vol.