Le trafic de shit en version « go fast » à la barre

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Leur procès doit durer trois jours. Quatorze prévenus, âgés de 20 à 49 ans, sont jugés à partir d’aujourd’hui pour avoir alimenté un vaste trafic de résine de cannabis en « go fast » entre le Maroc et la région nantaise. Près de 540 kg avaient été ainsi retrouvés dans un garage, à Nantes, en juillet 2004. Cette technique, qui consiste à faire remonter la drogue le plus vite possible à bord de puissantes voitures volées, est aujourd’hui « la plus prisée dans les cités », affirme un enquêteur de la PJ nantaise. « Ils remplissent la voiture à ras bord de cannabis, confirme un magistrat. Sur les photos des radars, on voit même la marchandise sur les banquettes arrières. Elle est à peine cachée. » Les trafiquants roulent par convois de trois voitures, distantes de plusieurs kilomètres et en constants contacts téléphoniques. La première s’assure qu’il n’y a pas de barrages de police aux péages, la deuxième transporte le cannabis et la troisième ferme la marche. « S’ils se savent pistés, ils n’hésitent pas à défoncer les barrières de péage à 200 km/h », assure-t-on à la PJ. Au volant, souvent de très jeunes conducteurs, pour qui ce convoyage représente une sorte de « rite initiatique aux règles de la cité ». La vitesse des bolides empêche les policiers de les rattraper. « Dans certains dossiers, les prévenus ont mis cinq heures pour faire Perpignan-Nantes », indique-t-on de source judiciaire. Soit une moyenne de 160 km/h. Guillaume Frouin

modèles Après les classiques Audi A6 ou A8, les amateurs de « go fast » préfèrent aujourd’hui les Citroën Xantia et C5. « Les réglages hydrauliques permettent de mieux répartir la charge de cannabis sur l’ensemble de la voiture », explique un policier. Les 4x4, qui forcent les barrières de péage sans encombres, sont aussi très prisés.