Aux Perrières, l'écoquartier indiffère

Pauline André

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L'Ecoquartier des Perrières, à la Chapelle-sur-Erdre, va accueillir 1200 logements d'ici à 2017.
L'Ecoquartier des Perrières, à la Chapelle-sur-Erdre, va accueillir 1200 logements d'ici à 2017. — F. Elsner / 20 Minutes

Aux Perrières, les habitants ne sont pas tous des « écolo-bobos ». Cet « EcoQuartier » de la Chapelle-sur-Erdre - une dizaine d'autres sont en cours ou en projet sur l'agglomération nantaise - a vu sa construction démarrer en 2006. D'ici à 2017, il devrait compter 1200 logements, dont la moitié sont accessibles aux revenus modestes. Des loyers bon marché, c'est ce qui a décidé la famille Jajolet : « Nous sommes venu pour le coût du loyer, pas pour les panneaux solaires installés sur le toit ». Sexagénaires en quête de calme, célibataire trentenaire attirée par la beauté des paysages... La plupart des habitants rencontrés ne sont pas venus ici pour le concept d'EcoQuartier, qui devrait faire l'objet d'un label gouvernemental en 2012. « Je ne sais pas vraiment ce que c'est en réalité… », avoue Christophe Bourguignon, étudiant à l'Ecole vétérinaire, venu rejoindre des copains en colocation.

« Les gens ne sont pas prêts »
Le quartier a pourtant bien été conçu dans ce sens, avec quelques réussites. « Notre objectif c'était de faire quelque chose d'agréable à vivre et qui s'intègre au mieux dans l'environnement », explique Philippe Grumeau, l'un des architectes. Tous les logements sont labellisés « basse consommation » et, sur les toits, on distingue quelques panneaux solaires thermiques pour l'eau chaude. Mais la grande fierté des Perrières, qui lui a valu un prix au concours 2009 des EcoQuartiers, c'est le respect de la biodiversité : « La moitié du quartier est composée d'espaces verts. Pour les préserver, on récupère l'eau de pluie afin de réhydrater la terre régulièrement », explique l'architecte.
En revanche, pas de système de recyclage des déchets en compost ou de gestion individualisée de l'éclairage public comme l'avaient prévu les architectes. « Les gens ne sont pas prêts », déplore Philippe Grumeau, pour qui habiter un EcoQuartier est devenu un « acte citoyen ». Qui implique de changer radicalement son mode de vie.