Le rachat des Chantiers divise l’opinion

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Depuis hier matin, tout Saint-Nazaire oscille entre craintes et espoirs. Comme beaucoup de ses collègues, Stéphane, soudeur de 37 ans, n’a appris le rachat des Chantiers de l’Atlantique par le norvégien Aker Yards qu’en arrivant sur son lieu de travail. « Je suis vraiment dégoûté, on a tous peur des suppressions d’emploi, avoue-t-il. Quand un groupe reprend une société déficitaire, il cherche généralement à réduire la masse salariale. » Un pessimisme partagé par la CGT des Chantiers : « Nous avons de grosses inquiétudes sur la concurrence sociale car on sait qu’Aker sous-traite déjà la construction de ses coques de navire en Pologne et en Roumanie. » Cette défiance n’est en revanche pas de mise à la CFDT. Le syndicat majoritaire évoque « un projet industriel européen pour la construction navale et non un projet purement financier ». Même tonalité pour le maire (PS) de Saint-Nazaire, qui accueille la nouvelle « positiviment ». « Aker est un groupe très puissant qui a déjà prouvé sa capacité à produire des navires et surtout à les vendre », poursuit Joël Batteux, qui se félicite aussi de ce « métissage de cultures maritimes et industrielles avec les pays scandinaves ». Réaction favorable également du président de l’association Pôle marine, qui regroupe soixante-dix entreprises de la région nazairienne, et qui espère « la mise en place de synergies intéressantes ». Enfin, les ouvriers en bleu de travail, parfois intérimaires, étaient nombreux hier à ne pas savoir quoi penser du rachat. « On verra bien », disaient-ils. Jérôme Jolivet (Lire aussi page 10)

mobilisation La CGT a appelé hier à une mobilisation « des ouvriers des Chantiers navals et de la population de Saint-Nazaire » à partir de ce matin à 10 h devant le site des Chantiers de l’Atlantique.