Le vibromasseur, pourvoyeur de jobs

Guillaume Frouin

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Des godemichés, mais aussi des cosmétiques comestibles et de la lingerine fine, sont vendus lors de ces réunions.
Des godemichés, mais aussi des cosmétiques comestibles et de la lingerine fine, sont vendus lors de ces réunions. — F. elsner / 20 Minutes

Demain après-midi, pour la Journée de la femme, quatre « ambassadrices » de Soft Paris vont distribuer des échantillons de « crème orgasmique féminine » aux passants de la place du Commerce. Une façon, pour ce réseau, de faire la promo de ses « Soirées Sexy Shopping » (SSS). Mais aussi de recruter 150 nouvelles « vendeuses à domicile indépendantes » pour animer ces « réunions sex-toys », tant la demande est forte. « Actuellement, il y a six mois d'attente », calcule Sandrine Cabassy, 40 ans, qui s'est lancée il y a deux ans. Cette ancienne serveuse à mi-temps, qui était payée 650 €, gagne aujourd'hui « entre 3 000 et 5 000 € net » chaque mois. Devenue « manager » des Pays de la Loire, Sandrine touche en effet un pourcentage sur les ventes des « ambassadrices » – des amies ou des clientes – qu'elle a parrainées.
Hélène, 34 ans, vend ainsi sex-toys, cosmétiques comestibles et lingerie fine depuis deux mois et demi, en plus de son job dans une boutique de téléphonie mobile à Nantes. Environ 25 % de son chiffre d'affaires lui sont reversés. « On a une mission d'information sexuelle : il y a des femmes qui ne connaissent pas leur point G », s'étonne cette « militante de la masturbation féminine », utilisatrice convaincue de jouets sexuels. Hélène est ainsi intarissable sur le « Love Gun », un revolver rose « calibre 69 », dont la crosse stimule ledit « point G ». Ou encore le « Lilith », le premier « sex-toy écolo » de son catalogue (rechargeable, il n'a pas besoin de piles).
En face d'elles, se trouvent souvent une quinzaine de femmes, « de 18 à 82 ans », venues en couple, entre copines... ou en famille. « Parfois, on a la fille, la mère et la grand-mère », affirme Sandrine.

Comme une réunion Tupperware
Des soirées calquées sur les réunions Tupperware, et « toujours dans la bonne humeur », précise Violaine Roy. Cette femme de 30 ans travaille pour la marque concurrente « Secrète Arlette », qui recrute elle aussi « entre 70 et 100 ambassadrices chaque mois » en France. « Il y a un vrai engouement autour de ces soirées : aujourd'hui, les femmes ont envie d'avoir du plaisir, qui ne passe pas forcément par le rapport conjugal. Certaines veulent aussi remettre du piquant dans leur couple. »