« D'Une Rive à l'Autre » menacée

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Karine Boinot redoute la fermeture.
Karine Boinot redoute la fermeture. — F. elsner / 20 Minutes

En 2010, le gouvernement avait fait de « la lutte contre les violences faites aux femmes » sa « grande cause nationale ».Une cause qui n'a pourtant pas servi « D'Une Rive à l'Autre », réunie demain soir en assemblée générale extraordinaire. L'association, où viennent se confier depuis 1996 les victimes de viols et d'agressions sexuelles, pourrait en effet cesser ses activités dès le mois prochain. En cause : l'arrêt des subventions de la préfecture et de l'Agence régionale de santé (ARS), qui a fait passer le budget de cette structure « unique en son genre en France » de 112 500 € à 34 000 € en quatre ans.

« Jamais reçu d'explications »
« Nous n'avons jamais reçu d'explications de l'Etat, malgré nos sollicitations », déplore Karine Boinot, unique salariée de « D'Une Rive à l'Autre ». Depuis plus de trois ans, cette psychologue-clinicienne de 37 ans reçoit des femmes, pour la plupart, dans un appartement de la mairie de Nantes, près de la place Royale. « Il ne s'agit pas de les maintenir dans leur statut de victime, mais de les aider à cesser de culpabiliser », explique Karine Boinot. « On leur parle, puis on leur fait comprendre peu à peu qu'elles peuvent porter plainte. » Selon « D'Une Rive à l'Autre », 2500 femmes seraient ainsi violées chaque année à Nantes, dans 80 % des cas par des hommes de leur famille (conjoint, père, oncle...). Contactées, la préfecture et l'Agence régionale de santé (ARS) n'ont pas donné suite à nos sollicitations.Guillaume Frouin