Nantes

Chroniques marsiennes

Voilà déjà plusieurs semaines que les Nantais ont pu découvrir ses étranges vidéos sur les écrans de la ville, dans les rues piétonnes de l’hypercentre ou aux arrêts de tram. Depuis ce matin, on peut aussi les retrouver réunies dans un DVD vendu dans le c

Voilà déjà plusieurs semaines que les Nantais ont pu découvrir ses étranges vidéos sur les écrans de la ville, dans les rues piétonnes de l’hypercentre ou aux arrêts de tram. Depuis ce matin, on peut aussi les retrouver réunies dans un DVD vendu dans le commerce. De Pass pass coin coin à Stachmou, les minifilms du déjanté Charlie Mars balancent entre l’absurde et le totalement délirant. Un univers poétique et hétéroclite, bricolé dans un petit appartement de 30 m2 qui fait à la fois office de studio, de salle de montage et accessoirement de lieu de vie. Car c’est bien ici, dans sa salle de bains, à deux pas de l’ancienne usine Lu, que ce Vendéen d’origine tourne la plupart de ses films, avec une caméra de vidéosurveillance couleur, « un cadeau d’un ami bassiste représentant en matériel de vidéosurveillance ». Le montage s’effectue ensuite sur un ordinateur hors d’âge, bidouillé avec des éléments de récupération. « La technique ne m’intéresse pas, s’empresse-t-il de préciser. Je voulais montrer qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de moyens pour être créatif. » Et ça marche. Télénantes a la première diffusé ses shower shows, suivie par Canal+, dans l’émission « Les films faits à la maison ». Aujourd’hui, les commandes commencent à arriver. Charlie Mars vient notamment de réaliser le dernier clip du groupe nantais Rue d’la gouaille. « Maintenant, c’est mon job », dit-il en souriant. Pourtant, à 25 ans, Martin Pageot, de son vrai nom, a déjà plusieurs vies derrière lui. Un CAP de plâtrier en poche, il a d’abord enchaîné différents métiers, vendu des assurances ou fait le démarcheur en matériel hospitalier avant de trouver sa nouvelle voie. Sa première réalisation avec quelques copains, c’est Kinkin, un fanzine « quinquannuel » qui a duré trois ans. « On y trouvait de la BD, des arts graphiques. C’était très pipi-caca mais on essayait de faire de la qualité. » La vidéo est venue ensuite, en faisant d’abord de l’animation image par image avec un appareil photo. Le personnage Charlie Mars a enfin vu le jour, né d’une rencontre avec une cagoule jaune « ramenée du Guatemala par des amis » il y a deux ans. Perpétuellement vissée sur la tête, elle est devenue la marque de fabrique du vidéaste. Stéphanie Lacaze

Pierrick Sorin, artiste vidéo « Charlie Mars est une invitation à créer. Il prouve que ce n’est pas parce qu’on n’a pas de budget qu’on ne peut pas réaliser des films rivalisant avec des productions hollywoodiennes. » Jean-Luc Commanay, chargé des arts visuels à la mairie de Nantes « C’est un vrai coup de coeur artistique. C’est un vidéaste intéressant qu’on a choisi de montrer à un public le plus large possible. » Anna Igluka, artiste du collectif le Thermogène, qui travaille avec Charlie Mars « C’est un autodidacte sauvage et furieux. Il s’approprie les textes que j’écris avec un esprit rock’n roll. »