Meurtre de Laëtitia: La révolte des boucs-émissaires

JUSTICE Les audiences suspendues au tribunal de Nantes...

Guillaume Frouin

— 

Jacky Coulon, hier, au tribunal.
Jacky Coulon, hier, au tribunal. — F. Elsner / 20 Minutes

Depuis jeudi, les audiences pénales et civiles du tribunal sont suspendues. Jusqu'à jeudi, seules les affaires urgentes seront traitées, après les «sanctions» promises par Nicolas Sarkozy pour les «dysfonctionnements» dans le suivi socio-judiciaire de Tony Meilhon.

>> Retrouvez tous les articles sur le meurtre de Laëtitia par ici

La «mise à l'épreuve» du meurtrier présumé de Laëtitia, pour son dernier «outrage à magistrat », n'avait en effet pas été assurée: faute d'effectifs, personnels pénitentiaires et juges d'application des peines avaient dû délaisser les «délits mineurs»... dont le sien.

« Mise en cause blessante »
« Le chef de l'Etat cherche des boucs-émissaires, mais ces dysfonctionnements sont en lien avec notre manque de moyens », soupire Jacky Coulon, juge d'instruction (USM). « C'est une mise en cause blessante, alors que chacun d'entre nous essaie de faire au mieux, avec le peu de moyens qui nous est alloué. » Chose inhabituelle, les magistrats ont reçu le soutien des syndicats de policiers, également accusés de n'avoir pas traité assez vite quatre plaintes visant Tony Meilhon. José Lhinares (Synergie Officiers) était ainsi hier aux côtés de Jacky Coulon, pour déplorer cette « chasse aux sorcières ».