Les graffeurs veulent faire les murs

©2006 20 minutes

— 

Droit de cité pour les graffs à Nantes ? La mairie vient de recevoir une enquête sur ces fresques de rue, commandée à l'association culturelle Pick up

« Nous avons voulu mieux connaître ce phénomène : pourquoi cela se fait et qui le fait », indique Sophie Guillon-Verne, du service jeunesse de la mairie de Nantes

Cela pourrait être, sinon une reconnaissance, l'amorce d'un changement d'une politique qui était avant tout répressive

Actuellement, il n'y a pas de lieu pour graffer à Nantes

« Le centre-ville est strictement interdit et systématiquement nettoyé », explique Nicolas Reverdito de Pick up, qui organise depuis deux ans une exposition itinérante de graffs sur toiles

Reste quelques endroits tolérés en périphérie : des friches industrielles et des palissades de chantiers

« Mais il n'y a aucune valeur légale, il est toujours possible de se faire interpeller par la police, ce qui arrive parfois

Sans parler des mauvaises conditions de sécurité de ces lieux », commente Nicolas Reverdito

Un vrai flou artistique qui concerne des terrains de plus en plus rares

« Nous sommes aussi victimes de la crise immobilière », s'amuse Jinks, graffeur

Mettre des murs à disposition, comme cela se fait actuellement à Rennes

Voilà ce que demande la majorité de la vingtaine d'artistes interrogés

Selon Jinks, « cela nous permettrait d'être vus et mieux acceptés par le grand public »

Du côté de la mairie, aucune décision n'a été prise pour l'instant

« On ne veut en tout cas pas d'une seule offre du genre “vous avez ce mur, point barre”, insiste Sophie Guillon-Verne

On peut proposer d'autres choses comme des ateliers dans les centres socioculturels

» Le graff institutionnalisé ? Une idée qui peut paraître paradoxale pour un mouvement issu de l'underground

« Il faut un minimum de reconnaissance, estime cependant Nicolas Reverdito, A Pick Up, je fais des stages d'initiation pour les jeunes

Difficile de leur expliquer ensuite qu'ils ne peuvent s'exercer que dans des endroits dangereux où ils risquent de se faire arrêter»

 Julien Bouliou