Feu vert aux éoliennes en mer

F. Brenon et G. Frouin

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Semblable aux parcs maritimes d'Europe du Nord, le site du banc de Guérande pourrait compter 80 éoliennes.
Semblable aux parcs maritimes d'Europe du Nord, le site du banc de Guérande pourrait compter 80 éoliennes. — KORTH / CARO FOTOS / SIPA

On le savait bien placé. C'est désormais officiel. Le secteur maritime dit du banc de Guérande, situé à 12 km au large du Croisic, sera l'une des cinq zones sélectionnées à l'échelle nationale pour accueillir les premiers parcs éoliens off-shore français. Nicolas Sarkozy l'a annoncé hier lors de sa visite aux chantiers navals de Saint-Nazaire. « Les énergies renouvelables sont une opportunité industrielle majeure pour la France. On a choisi cinq sites où il y a un consensus politique local », justifie le président de la République. Considéré comme plus hypothétique, le site du plateau de la Banche, à 8 km du Pouliguen, a lui été recalé. Il en va de même pour le projet vendéen dit des deux îles, entre Yeu et Noirmoutier.

Plus de 500 emplois à la clé
Très ambitieux, le projet du banc de Guérande porte sur l'installation, à une trentaine de mètres de profondeur, d'environ 80 éoliennes dont les pales culmineraient jusqu'à 150 m au-dessus de l'eau. La production électrique envisagée avoisine les 450 MW, ce qui représente près de 15 % de la consommation électrique annuelle de la Loire-Atlantique. Plus de 500 emplois directs pourraient être créés pendant la phase de construction, près d'une centaine pour la maintenance du parc ensuite.
Un appel d'offres pour la réalisation et l'exploitation de la zone sera lancé au deuxième trimestre, la sélection des candidats se fera début 2012. Mais trois sociétés se sont d'ores et déjà déclarées intéressées. Parmi elles, le breton Nass&Wind. « Ça fait trois ans que nous travaillons sur cet emplacement et nous avons déjà investi plus de 3 millions d'euros en études techniques. Sa sélection est donc une formidable nouvelle », se réjouit Xavier Ferrey, porte-parole de Nass&Wind. « Nous pensons qu'il faudra un investissement privé de 1,7 milliard d'euros pour réaliser la construction, l'assemblage, le raccordement, le transport et la maintenance du parc. Seul un consortium avec un grand industriel, un groupe d'énergie et un investisseur financier peut s'en charger. On s'est rapprochés de STX pour étudier la partie fondation. » Les recettes de l'opérateur seront liées à la revente de l'électricité produite. Une taxe éolienne estimée à 5 millions d'euros par an sera aussi reversée à l'Etat et aux collectivités. « L'enjeu est énorme pour tous les acteurs locaux. Il y a une grosse attente », conclut Xavier Ferrey.

Laëtitia

Nicolas Sarkozy l'a dit en préambule de son discours : il va recevoir la famille de Laëtitia, disparue à Pornic depuis une semaine et probablement morte. Il a souhaité « que la justice travaille très vite et très efficacement » sur l'affaire (lire aussi p.2).